Au cours des prochains jours, Le Droit offrira un regard sur un horizon d’un peu plus de dix ans sur l’engorgement du réseau autoroutier des Gatinois.

La congestion sous la loupe

EXCLUSIF / Quiconque emprunte les autoroutes 5 et 50 aux heures de pointe sait fort bien qu’un rien peut transformer un début ou une fin de journée de travail en cauchemar.

Un accrochage, une panne, des travaux ou parfois même une fine pluie peuvent causer d’imposants bouchons de circulation dont les effets se répercutent jusque dans le réseau routier municipal. La colonne vertébrale du réseau routier des Gatinois est de plus en plus sous pression. Le développement domiciliaire à l’est de la 50 et au nord de la 5 ne fera qu’augmenter le nombre de véhicules à se jeter dans le même goulot d’étranglement chaque matin. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) est particulièrement préoccupé par la situation depuis quelques années.

Auparavant, le ministère se contentait de faire face aux problèmes ponctuels. Un viaduc à problème, une étude. Un échangeur dysfonctionnel, une étude. Jamais il n’avait analysé son réseau autoroutier en zone urbaine dans sa globalité, avec des débits de véhicules actuels et projetés, et l’effet sur ceux-ci de plusieurs réaménagements mineurs sur des tronçons plus problématiques. C’est précisément ce qu’il vient de faire.

Le Droit a obtenu, en vertu de la Loi d’accès à l’information, la version finale de l’Étude des solutions pour l’amélioration de la fluidité des autoroutes 5 et 50 déposée au MTQ en septembre 2018. Les travaux s’étaient amorcés en 2012, avec l’étude des besoins. L’analyse des solutions s’est étendue de 2014 à 2018. La firme AECOM a reçu 248 720 $ pour réaliser ce document très technique à l’intention des ingénieurs du ministère. L’évaluation des coûts reliés aux solutions avancées a été caviardée et n’est donc pas accessible. Au cours des prochains jours, Le Droit se penchera sur de nombreux aspects liés à l’engorgement du réseau autoroutier des Gatinois et offrira, à l’aide de projections d’ici 2031, un regard sur un horizon d’un peu plus de dix ans.

Des millions $ en pures pertes

Le MTQ a plusieurs raisons de chercher à faire baisser la pression sur ses autoroutes à Gatineau. D’abord, il est évident que les grands investissements en infrastructures vont davantage vers le transport en commun. Le Québec est aussi impliqué dans une lutte pour faire baisser ses émissions de gaz à effet de serre. Il y a aussi l’argent. La congestion routière engendre des pertes économiques qui se chiffrent en centaines de millions $ dans la région.

Une étude à l’intention de Transports Canada, présentée en 2012, évaluait à entre 220 et 380 millions $ le coût des bouchons de circulation dans la région de Gatineau-Ottawa. Dix ans plus tôt, ces pertes n’étaient évaluées qu’à un maximum de 88 millions $. En janvier 2017, le CAA, dans son étude « Quand tout s’arrête », estimait à 2,72 millions $ les pertes économiques engendrées par la congestion du seul tronçon de la promenade Vanier, entre l’autoroute 417 et le chemin Montréal, à Ottawa. Les Gatinois vivent des expériences de congestion semblables à bien des endroits sur leur réseau routier.

Les solutions peuvent être simples en apparence, rappelle le MTQ, mais la réalité est toute autre. Une mauvaise décision sur l’autoroute peut avoir un impact gigantesque sur le réseau municipal. Cela est aussi vrai pour les automobilistes que pour les ingénieurs du MTQ. Un simple accrochage, au mauvais endroit, à l’heure de pointe, et ce sont des milliers de travailleurs qui perdent d’importantes minutes de productivité ou de temps passé avec la famille. Un mauvais changement de configuration de voies de circulation imposé par un ingénieur et c’est tout un secteur de la ville qui est paralysée.

Les solutions peuvent avoir l’air simples pour désengorger le réseau routier, mais la réalité est toute autre, prévient le MTQ.

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