Les cours à La Cité pourraient être annulés dès lundi matin.

La Cité paralysée ?

À moins d’un revirement de dernière minute ce week-end, les étudiants des collèges La Cité et Algonquin seront privés de cours dès lundi matin.

La menace du déclenchement d’une grève à minuit le 16 octobre planait toujours vendredi au-dessus des 24 établissements collégiaux de la province, les négociations entre le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO) et le Conseil des employeurs des collèges avançant au pas de tortue. 

« Rien n’a avancé depuis mardi. Notre objectif est d’en arriver à une entente d’ici l’heure limite. L’équipe de négociation va continuer de travailler jusqu’au bout, jour et nuit s’il le faut », de dire la présidente de la section locale 470 du SEFPO, Mona Chevalier, qui représente 230 professeurs, bibliothécaires et conseillers de La Cité. 

La partie patronale a présenté une offre finale mardi, mais celle-ci a été rejetée par le syndicat, qui prétend que celle-ci est pire que la précédente et qu’on a simplement joué avec les mots. 

Mme Chevalier indique aussi que les professeurs à temps partiel de La Cité ont été avisés qu’en cas de débrayage, ils recevront une dernière paie et seront mis à pied dans deux semaines. 

L’embauche de professeurs à temps plein, la précarité d’emploi des professeurs contractuels et une plus large liberté académique face à la prise de décisions dans les établissements sont parmi les principaux points en litige entre les deux parties. 

« On souhaite par exemple que davantage de postes contractuels soient convertis en permanents. Certains collèges ont une proportion de 85 % de professeurs contractuels. On voudrait un ratio de 50-50, nos attentes ont été réduites », de dire Mona Chevalier. Cette dernière espère que malgré l’incertitude que cela puisse leur causer, les 5500 étudiants de La Cité se rallieront aux revendications du personnel. 

Du côté de l’employeur, on déplore que l’exécutif syndical ait rejeté l’offre finale « du revers de la main » sans la présenter aux membres. 

« On espère en arriver à un accord. L’offre est toujours sur la table. Ce n’est pas la même qu’initialement, elle a été bonifiée et est comparable, même supérieure à celles acceptées récemment par d’autres employés du secteur public », note la gestionnaire des communications de La Cité, Pascale Montminy. 

Pour en savoir plus sur les conséquences d’un possible conflit de travail, cette dernière invite les étudiants à consulter le document questions-réponses mis en ligne. 

« Il faut aussi suivre nos communications au cours de la fin de semaine, sur le site web comme sur les réseaux sociaux. On pourra aussi envoyer des courriels aux étudiants. On veut leur éviter de se déplacer pour rien en cas de grève », dit-elle. 

S’il y a débrayage, tous les cours à l’exception de ceux offerts uniquement en ligne seront suspendus jusqu’à nouvel ordre, précise La Cité. L’établissement sera ouvert malgré tout et plusieurs services seront maintenus. 

Le dernier conflit de travail remonte à 2006 pour les enseignants des collèges ontariens. La grève avait à l’époque duré trois semaines.