La Chambre de commerce de Gatineau demande de l’aide dans le centre-ville

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Le niveau d’inquiétude de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG) était déjà élevé face à la situation que vit la grande majorité des commerçants du centre-ville, mais elle s’est accrue cette semaine avec le passage de la région en zone d’alerte orange.

«Ça veut dire que les fonctionnaires fédéraux ne sont pas à la veille de revenir dans leurs bureaux, note le président de la CCG, Pierre Samson. Pour plusieurs, ça pouvait représenter plus de 50 % de leur clientèle. Il devient important de sensibiliser les citoyens. S’ils veulent conserver toutes ces PME, leur fleuriste, leur salon de coiffure et leurs restaurants préférés, ils doivent se déplacer pour les encourager.»

Afin de favoriser le déplacement des consommateurs dans le centre-ville, la CCG demande à la Ville de Gatineau de rendre le stationnement gratuit, non seulement dans le centre-ville, mais aussi dans les zones à haut taux d’occupation commerciale de la Ville de Gatineau. «Il faut absolument trouver une façon d’encourager les gens à se rendre dans ces commerces, insiste M. Samson. Ça devient très sérieux.»

La CCG demande aussi à la Ville de considérer une réduction temporaire des taxes sur les immeubles non résidentiels dans le centre-ville et les secteurs commerciaux. «Si rien n’est fait, plusieurs propriétaires d’immeubles vont finir par perdre leurs propriétés, indique M. Samson. Ça voudrait dire que plusieurs commerçants qui louent de l’espace commercial disparaîtraient aussi. Il faut que la Ville leur donne un coup de main.»


« Si rien n’est fait, plusieurs propriétaires d’immeubles vont finir par perdre leurs propriétés. Ça voudrait dire que plusieurs commerçants qui louent de l’espace commercial disparaîtraient aussi. Il faut que la Ville leur donne un coup de main. »
Pierre Samson, président de la Chambre de commerce de Gatineau

Le président de la commission de développement économique des la Ville de Gatineau, Jean-François LeBlanc, rappelle que des commerçants ont récemment interpellé la Ville pour qu’elle considère l’offre de stationnements gratuits dans le centre-ville. «La réponse du maire a été qu’il faudrait faire une analyse afin de voir si c’est une mesure qui permettrait de ramener des consommateurs dans le centre-ville, note M. LeBlanc. Moi je crois que si la CCG, dans le contexte actuel, fait aussi ce type de recommandation, la Ville devrait prendre ça en considération sérieusement.»

Le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Pierre Samson.

La conseillère Louise Boudrias est aussi d’avis que les demandes formulées à la Ville de Gatineau doivent être analysées sérieusement. «Si la CCG pense que ce sont des demandes qui donneraient un coup de pouce à nos commerçants, il faut les évaluer rapidement, dit-elle. Ça va peut-être représenter des pertes de revenus pour la Ville, mais si plein de commerces commencent à disparaître, ça aussi ça va représenter d’importantes pertes de revenus pour la Ville.»

Le cabinet du maire Maxime Pedneaud-Jobin a pour sa part fait parvenir au Droit une réponse écrite à ce sujet en fin de journée vendredi.

«Les analyses sont déjà en cours pour ce qui est de la gratuité des stationnements au centre-ville, écrit-on. Pour ce qui est de la demande de diminuer les taxes des immeubles non-résidentiels dans le centre-ville et les anciens centres-villes, nous envisagerons des pistes de réflexion, mais il est important de rappeler que c'est une mesure qui pourrait être perçue comme inéquitable pour les entreprises situées ailleurs à Gatineau ainsi que pour l'ensemble des contribuables fonciers de Gatineau.»

«Plusieurs entreprises situées dans le centre-ville et les anciens centres-villes sont locataires et nous n'avons aucune garantie qu'une diminution des taxes viendrait diminuer leur loyer», ajoute le cabinet du maire. 

La Chambre invite aussi les différents paliers de gouvernement à réfléchir à l’impact de leurs méthodes agressives de recrutement de la main-d’oeuvre sur la capacité des PME à retenir leur propre personnel. La majorité des PME de Gatineau disent faire face à un défi supplémentaire de rétention en raison des techniques de recrutement des gouvernements. 

La CCG s’inquiète aussi de ce qu’elle juge être un «ralentissement important et remarqué des intentions gouvernementales d’aller de l’avant avec les projets régionaux» d’envergure comme la construction d’un nouvel hôpital de 170 lits et du campus unifié de l’Université du Québec en Outaouais. Il est aussi demandé au gouvernement fédéral de confirmer sans plus attendre sa participation financière dans le projet de tramway de Gatineau. Des modifications au Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) pour les femmes entrepreneures seraient aussi bienvenues.

Avec Julien Coderre, Le Droit