Les personnes plus âgées stockent plus facilement la chaleur, surtout lorsqu'ils travaillent sous des habits chauds ou dans un environnement où la chaleur est extrême, comme dans une mine.

La chaleur extrême met plus à risque les travailleurs âgés

Les chaleurs extrêmes qui sévissent pendant de longues périodes peuvent avoir une influence sur la capacité d'un travailleur à exécuter ses tâches. Ceux qui sont plus âgés sont encore plus à risque d'être victimes de blessures, de maladies ou même de décès.
Dans le but d'en savoir plus sur l'impact de travailler dans un environnement chaud, le gouvernement de l'Ontario a annoncé vendredi un financement de 300 000 $ pour un projet de recherche dirigé par le professeur Glen Kenny, du département des sciences de la santé de l'Université d'Ottawa.
« Nous avons besoin d'idées nouvelles et ces travaux de recherche vont nous permettre d'en savoir plus sur l'impact de la chaleur extrême sur les travailleurs plus âgés dans le contexte des changements climatiques », a indiqué Nathalie DesRosiers, députée provinciale d'Ottawa-Vanier.
Les personnes plus âgées stockent plus facilement la chaleur, surtout lorsqu'ils travaillent sous des habits chauds ou dans un environnement où la chaleur est extrême, comme dans une mine. 
Les risques de problèmes ou de maladies sont encore plus élevés lorsque ces personnes souffrent de haute pression ou sont atteintes de diabète 2. Il faut donc recueillir des données qui permettront d'établir de nouveaux standards pour éviter que ces personnes soient à risques. 
« Nos travaux vont permettre de recueillir des données pour déterminer plus précisément comment la chaleur influe sur la capacité des travailleurs âgés de 40 ans et plus », explique le professeur Glen Kenny.
Le professeur Kenny fait ses recherches en laboratoire grâce à un appareil appelé calorimètre, le seul au monde, dit-il, qui permet de recueillir les effets de la chaleur sur différentes parties du corps. Les Américains l'ont mis au point pour recueillir des données sur l'effet de la chaleur sur les soldats pendant la guerre en Irak. 
« On oublie parfois que des travailleurs plus âgés doivent travailler dans des chaleurs extrêmes, huit ou dix heures par jour, jour après jour. Ils reviennent à la maison et sont souvent malades de la chaleur, souffrant notamment de déshydratation. Ce n'est pas comme un athlète, qui fait une course, et qui se repose pendant deux jours », explique le professeur Kenny.
D'ici cinq ans, on estime qu'un travailleur sur quatre sera âgé de 55 ans et plus. Il faut donc obtenir plus d'information sur cette question de santé et sécurité au travail, qui a une grande importance pour les travailleurs, mais aussi pour les gouvernements et les entreprises.
« Dans les mines de Sudbury, l'âge moyen des travailleurs est de 52 ans. Chez les travailleurs d'Hydro One, l'âge moyen est de 48 à 49 ans. Ils travaillent souvent dans des conditions très difficiles. Il faut donc trouver les conditions de chaleur dans lesquelles ils peuvent travailler sans être exposés à des risques », explique le professeur Kenny.