La CCN délinquante du boyau en pleine canicule

Patrick Duquette
Patrick Duquette
Le Droit
En pleine canicule lundi matin, la Commission de la capitale nationale (CCN) défiait l'interdiction d'arrosage en vigueur à Gatineau, a constaté LeDroit.
Au mépris du règlement municipal, des gicleurs automatiques arrosaient les plates-bandes de fleurs situées tout près de la statue de Maurice Richard, à l'entrée du parc Jacques-Cartier, un terrain qui relève de la compétence de la CCN.
Le règlement de la Ville de Gatineau est pourtant clair: l'arrosage mécanique est interdit partout et en tout temps le lundi, une journée dédiée à refaire le plein des réservoirs d'eau potable.
Or personne n'est au-dessus du règlement sur l'eau potable, pas même la CCN, tranche la Ville de Gatineau. «Tous les citoyens et toutes les organisations doivent s'y conformer», nous a indiqué par courriel le service des communications.
Bien des Gatinois se sont aperçus depuis le début de l'été que la Ville ne badine pas avec son règlement. Jusqu'ici, la patrouille verte a infligé 400 constats d'infraction aux délinquants du boyau. Les amendes sont de 200$ plus les frais pour un citoyen pris en flagrant délit, et de 500$ plus les frais pour une entreprise.
Gatineau a refusé de nous dire si elle allait sévir contre la CCN.
La CCN admet ses torts
Du côté de l'organisme fédéral, on a mis deux jours avant de nous fournir des explications. La CCN a finalement admis ses torts.
«Les entrepreneurs de la CCN doivent respecter les règlements municipaux pour l'arrosage des terrains de la CCN. Dans ce cas-ci, il y a eu une erreur. La plate-bande Maurice-Richard et l'autre qui est tout près, ce sont les seules qui ont un système d'arrosage avec l'eau de la ville. Les autres plates-bandes sont arrosées manuellement avec un camion équipé d'un réservoir», a indiqué Jasmine Leduc, porte-parole de la CCN.
Alors que bien des Gatinois se désolent de leur gazon jauni, plusieurs terrains de la CCN ne sont pas à plaindre. Le gazon de la colline parlementaire est encore vert, tout comme celui des plaines LeBreton. C'est qu'ils sont irrigués par des systèmes qui s'alimentent à même l'eau du canal Rideau et de la rivière des Outaouais. «On fait cela pour diminuer la pression sur le système d'eau municipal», précise Jasmine Leduc. La CCN songe d'ailleurs à installer un système d'irrigation similaire au parc Jacques-Cartier. Mais ce n'est pas pour tout de suite. Les travaux seront réalisés lors de la transformation du site, dans le cadre du projet Destination Gatineau.
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