Joshua Boyle a été entendu mercredi au palais de justice d’Ottawa lors d’une vidéo-conférence.

La cause de l’ex-otage Joshua Boyle ajournée

L’ex-otage canadien Joshua Boyle a brièvement comparu, mercredi, en lien avec les 15 chefs d’accusation déposés contre lui, dont 2 pour agression sexuelle.

La comparution de Boyle, qui a récemment été libéré avec sa femme et leurs jeunes enfants après avoir été détenu pendant plusieurs années par un groupe associé aux talibans en Afghanistan, s’est déroulée par vidéoconférence devant le juge Norman Boxall. L’affaire a été ajournée jusqu’à lundi.

Selon les documents présentés en cour, l’homme âgé de 34 ans, qui a été arrêté mardi à Ottawa, fait face à 15 chefs d’accusation, dont 8 pour voies de fait, 2 pour agression sexuelle, 2 pour séquestration et un pour avoir poussé une personne à « consommer quelque chose de néfaste, c’est-à-dire du Trazodone », un antidépresseur.

Joshua Boyle est aussi accusé d’avoir proféré des menaces de mort et d’avoir induit un policier en erreur.

Une ordonnance de non-publication interdit de divulguer les détails qui pourraient permettre d’identifier les victimes.

Les gestes reprochés auraient été posés entre le 14 octobre et le 30 décembre après le retour de la famille Boyle au Canada à la suite de sa libération.

Boyle et sa femme d’origine américaine, Caitlan Coleman, ont été pris en otages en 2012 par un groupe lié aux talibans alors qu’ils voyageaient en Afghanistan.

À l’époque de leur enlèvement, Mme Coleman était enceinte. Le couple a eu trois enfants durant sa captivité.

Trois lieux de détention

Après son retour au pays, M. Boyle a expliqué que lorsqu’ils ont été enlevés, sa femme et lui aidaient des villageois afghans dans une région contrôlée par les talibans. Il a raconté à La Presse canadienne que leurs conditions de détention avaient évolué au fil du temps, et que la famille avait changé de lieu de détention à au moins trois reprises.

Il décrivait la première geôle comme étant « particulièrement barbare », la deuxième plus « confortable », mais la troisième plus violente – le couple était souvent séparé et battu. M. Boyle soutenait que les ravisseurs, liés au réseau Haqqani, avaient violé sa femme et lui avait fait subir une fausse couche.

Une fois libéré, en octobre dernier, M. Boyle a réclamé que leurs ravisseurs soient déférés devant la justice.

Dans une entrevue au réseau américain ABC, Mme Coleman, originaire de Stewartstown, en Pennsylvanie, racontait que des ravisseurs avaient traîné son mari à l’extérieur de la cellule, et que l’un des geôliers l’avait jetée par terre en criant « je vais te tuer, je vais te tuer ! », avant de l’agresser. Mme Coleman a aussi soutenu que les ravisseurs avaient frappé son fils aîné avec un bâton.

Après leur libération, toute la famille est allée vivre chez les parents de M. Boyle à Smiths Falls, en Ontario.