Jean-François Roberge, député de la Coalition avenir Québec, croit qu’il est possible de réduire la taille du ministère de l’Éducation afin d’allouer des ressources à un Institut d’excellence en éducation.

La CAQ en faveur de la création de l’INEÉ

Sans signer de «chèque en blanc», au ministre de l’Éducation, la Coalition avenir Québec est d’accord avec l’idée de créer une nouvelle structure, l’Institut national d’excellence en éducation (INEÉ), question de mieux guider les écoles.

«Ça semble aller dans la bonne direction et je pense qu’au Québec, on a besoin de ça», opine le député caquiste Jean-François Roberge.

Le porte-parole du parti en éducation croit que le type d’institut que propose le professeur Martin Maltais, président du groupe de travail sur la question, serait «très apprécié des enseignants», qui pourraient consulter plus rapidement et aisément le fruit des recherches en pédagogie. 

Maintenant, reste à bien faire les choses, croit le député. «La dernière chose dont on a besoin, c’est une police de l’école. Il faut créer l’Institut en collaboration avec les enseignants et ne pas les forcer à adopter telle ou telle pratique.»

Ainsi, la CAQ appuie la proposition de M. Maltais de dégager les profs de leur tâche trois jours par année pour les aider à s’approprier ce que dit la science et l’intégrer dans leur quotidien. 

La CAQ, normalement réfractaire à la création de nouvelles structures, croit cette fois-ci qu’il est possible de «diminuer la taille du ministère» de l’Éducation afin d’allouer les ressources nécessaires à la création de l’INEÉ. 

Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire, croit plutôt que le gouvernement devrait oublier cette idée. «C’est un peu comme le fameux projet de Lab-École: au lieu d’investir en éducation pour vrai et de faire confiance aux gens sur le terrain, on veut créer une structure bureaucratique pour dire aux profs quoi faire. L’approche de ce genre d’initiative est réductrice», a-t-il réagi.

Approche méprisante

«C’est une approche extrêmement méprisante à l’endroit de ce qui se fait actuellement», réagit quant à elle Nathalie Morel, vice-présidente à la Fédération autonome de l’enseignement (FAE). Mme Morel croit que la création de l’INEÉ sous-entendrait qu’il faut que les profs changent leurs façons de faire. «On va essayer de faire rentrer tout le monde dans le même moule.» 

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a aussi peur d’une dérive, qui minerait l’autonomie professionnelle des enseignants. «C’est une nouvelle structure dont on n’a pas besoin», soutient la présidente Louise Chabot. 

Selon elle, il faut cesser de faire des parallèles entre le monde de l’éducation et celui de la santé, qui sont très différents. Elle craint qu’un futur INEÉ ne vienne «prescrire les bonnes pratiques» aux enseignants. 

Il n’a pas été possible jeudi d’obtenir la réaction du Parti québécois, ni du ministre de l’Éducation Sébastien Proulx. Ce dernier avait inscrit la création de l’INEÉ dans sa Politique sur la réussite éducative de juin dernier.