Marc-André Coreiro Lima, copropriétaire de la Brasserie du Bas-Canada, demeure convaincu que la canette est un contenant « plus écologique que le verre ».
Marc-André Coreiro Lima, copropriétaire de la Brasserie du Bas-Canada, demeure convaincu que la canette est un contenant « plus écologique que le verre ».

«La canette va continuer de s’imposer», croient les brasseurs de l’Outaouais

Julien Coderre
Julien Coderre
Le Droit
La popularité croissante de la bière en canette n’est pas près de tomber à en croire certains brasseurs de la région de l’Outaouais.

Alors qu’une étude de cycle de vie menée par Recyc-Québec indique que l’empreinte écologique d’une canette est plus importante que celle d’une bouteille, Samy Missaoui, le propriétaire de la microbrasserie Gallicus à Gatineau, souligne que « la réalité du terrain est différente ».

« Sur Recyc-Québec, la bouteille devrait être plus écologique puisque si le cycle fonctionne bien, tu peux la recycler jusqu’à une quinzaine de fois. Cependant, sur le terrain, c’est différent, nuance-t-il. Les modèles utilisés dans ce cycle d’économie circulaire sont souvent établis à partir de bouteilles qui viennent et qui sont produites en Allemagne. Cela fait donc en sorte que tu as déjà accumulé entre 6000 et 8000 km de transport. Le bilan carbone devient quand même lourd. »

« Aussi, lorsque ces bouteilles-là arrivent chez le nettoyeur, poursuit-il, si elles ne sont pas parfaites, elles seront éliminées et au niveau du lavage. Les colles qui sont utilisées pour les étiquettes apposées sur les bouteilles peuvent aussi venir compliquer le processus de lavage et parfois, la bouteille devra être nettoyée jusqu’à cinq fois avant d’être conforme. Dans des conditions réelles, la bouteille est loin du cahier des charges initial et la canette est peut-être plus écologique en bout de ligne. Il y aura des gros débats sur cet enjeu, mais dans la réalité des choses je crois que la canette équivaut le verre au minimum. »

Sami Missaoui de Gallicus

Le copropriétaire de la brasserie À La Dérive, Sébastien Gandy, est lui aussi d’avis que le respect de la consigne pour les bouteilles implique une logistique « assez compliquée », puisque ce ne sont pas toutes les brasseries qui sont outillées afin de récupérer lesdites bouteilles vides.

« Dans les microbrasseries, c’est quand même assez compliqué et onéreux de faire le cycle de recyclage avec les bouteilles de 500 et de 750 millilitres », dit-il.

« Lorsqu’elle est fondue, c’est presque l’entièreté de la canette qui est réutilisée », note pour sa part le copropriétaire de la Brasserie du Bas-Canada, Marc-André Coreiro Lima, qui demeure convaincu que la canette est un contenant « plus écologique que le verre ».

Les trois brasseurs s’entendent toutefois unanimement sur un chose : « la canette va continuer de s’imposer ».

« Je ne sais pas si la bouteille va finir par disparaître complètement, mais c’est certain qu’elle perd du terrain et je ne la vois pas vraiment revenir au-devant de la scène, avoue Samy Missaoui. Je pense que la consigne a atteint ses limites avec le verre et les gens ne veulent plus retourner à ça. »