Justice et faits divers

Accident à Val-des-Monts: l'accusé comparaît pour délit de fuite

Le jeune conducteur impliqué dans un délit de fuite ayant blessé un couple, lundi, à Val-des-Monts, s’est rendu aux autorités.

Nicolas Lalonde-Cyr s’est présenté au poste de police de la MRC des Collines, mardi soir.

Le Gatinois de 24 ans est accusé de deux chefs de délit de fuite causant des lésions corporelles. La peine maximale pour ce type d’infraction est de dix ans. Il a plaidé non coupable, mercredi.

M. Lalonde-Cyr n’a pas d’antécédent judiciaire.

Selon l’acte d’accusation, l’accusé a omis de s’arrêter sur la scène de l’accident, « sachant que des lésions corporelles ont été causées (aux deux victimes), dans l’intention d’échapper à toute responsabilité civile ou criminelle ».

La loi prévoit que tout citoyen, même impliqué dans un accident, doit venir en aide à une personne en danger, si cela s’avère possible.

Le camion cube qu’aurait conduit le jeune homme a percuté le véhicule des deux victimes, vers 7 h 30, lundi, sur la route du Carrefour, secteur Perkins.

Ce camion appartient à une compagnie de déménagement de l’Outaouais.

Après l’impact, le conducteur du petit camion a pris la fuite à pieds, alors que deux personnes étaient blessées.

La passagère a été blessée sérieusement aux jambes.

Il a comparu mercredi après-midi, au palais de justice de Gatineau.

Représenté par Me Sophie Cadieux, le prévenu a été libéré, en échange d’une caution de 1000 $.

Le tribunal lui a ordonné de ne pas conduire et de ne pas entrer en contact avec ses deux victimes alléguées.

Justice et faits divers

Ftouhi reconnu coupable d’avoir poignardé un policier à Flint

FLINT — Le Montréalais qui aurait déclaré aux enquêteurs que sa «mission était de tuer et d’être tué» a été reconnu coupable de crimes liés au terrorisme, mardi, pour avoir poignardé un policier dans un aéroport du Michigan, en juin 2017.

Amor Ftouhi, âgé de 53 ans, a été reconnu coupable de trois crimes. Originaire de la Tunisie, il vivait à Montréal lorsqu’il a décidé de se rendre aux États-Unis.

Les procureurs fédéraux n’ont pas eu beaucoup de mal à convaincre les jurés: des témoins avaient vu Amor Ftouhi attaquer le lieutenant Jeff Neville à l’aéroport de Flint, en juin 2017. «Ce n’est pas un mystère: il a été pris sur le fait, un couteau à la main», a déclaré aux jurés la procureure adjointe Cathleen Corken.

Selon les enquêteurs, l’homme voulait poignarder l’agent Neville, prendre son arme et commencer à tirer sur des gens dans l’aérogare. Il était entré aux États-Unis de façon tout à fait régulière à Champlain, dans l’État de New York, puis était arrivé à Flint cinq jours plus tard. Il avait essayé, sans succès, d’acheter une arme à feu lors d’une exposition, et il a plutôt acheté un grand couteau.

Des témoins ont déclaré qu’il avait crié «Allahu akbar» - Dieu est grand - pendant l’agression. L’agent Neville, poignardé à la nuque, a survécu, mais il a perdu toute sensation dans une partie de son visage.

Dans une note manuscrite adressée à sa femme et retrouvée dans son appartement, Amor Ftouhi écrivait: «C’est pour cela qu’un musulman est né.» L’agent Shadi Elreda, de la police fédérale américaine (FBI), a raconté aux jurés que dans un entretien avec le suspect après son arrestation, celui-ci était mécontent que l’agent Neville ait survécu. «Sa mission était de tuer et d’être tué: il soutenait que sa mission n’était pas terminée», a déclaré l’agent Elreda.

Les avocats de M. Ftouhi n’avaient pas fait de déclaration préalable au début du procès, et ils n’ont appelé aucun témoin à la barre. Dans ses plaidoiries finales, l’avocate Joan Morgan a plaidé que son client était instable et estimait qu’il avait plus de chances d’être tué par la police aux États-Unis qu’au Canada. «Il cherchait assurément un moyen de partir», a-t-elle dit.

Justice et faits divers

Délit de fuite à Val-des-Monts: un suspect dans le collimateur

La police de la MRC des Collines confirme avoir identifié l’auteur du délit de fuite ayant fait deux blessés, lundi matin, à Val-des-Monts.

Les autorités n’ont pas voulu identifier publiquement l’individu, qui n’est toujours pas accusé officiellement.

« Nous ne l’avons pas encore rencontré, a déclaré le sergent Martin Fournel, mardi. Nous espérons lui parler très prochainement. »

Un camion cube, qui, selon nos informations, appartient à une compagnie de déménagement, a été impliqué dans cet impact considérable, sur la route du Carrefour, secteur Perkins, vers 7 h 40.

« La médiatisation rapide de cette affaire a permis de recueillir plusieurs informations importantes dans notre enquête », a mentionné le sergent Fournel.

Le chauffeur de ce camion a pris la fuite à pied.

Bien que les autorités policières ne le confirment pas pour l’instant, il semble que le camion cube, rapporté volé le jour de l’accident, était conduit par un employé de l’entreprise, qui n’avait toutefois pas son permis de conduire.

L’enquête pourrait s’élargir dans les prochains jours, alors que d’autres personnes d’intérêt pourraient être rencontrées.

La femme assise dans le siège du passager de la voiture percutée par le poids lourd a subi de graves blessures aux jambes. Elle devait subir d’autres interventions chirurgicales, mardi.

Le conducteur du même véhicule a reçu son congé de l’hôpital, quelques heures après la collision frontale.

L’impact s’est produit alors que les deux véhicules circulaient dans leurs voies respectives, opposées l’une à l’autre.

La Sûreté du Québec, dont le maître-chien a été appelé en renfort, le jour du délit de fuite, n’avait pas pu retrouver le suspect.

Toute personne détenant de l’information au sujet de cet événement est invitée à communiquer avec le sergent de relève de la police de la MRC des Collines-de-l’Outaouais, au 819-459-9911 poste 3240 ou encore avec la ligne confidentielle « Info des Collines », au 1-844-477-2529.

Justice et faits divers

De plus en plus accros au GHB

Nathan* buvait environ un litre de GHB par semaine. Il avait besoin de sa fiole aux trois heures, sinon il commençait à trembler. 

Durant plus d’une décennie, cet homme de 44 ans de Québec a été dépendant au gammahydroxybutyrate, une drogue plus souvent appelée par son acronyme, «GHB», ou son surnom «jus», parce qu’il se consomme la plupart du temps sous la forme liquide.

La dépendance au GHB n’a rien à voir avec la «drogue du viol» que les prédateurs sexuels versent dans le verre de leurs victimes. Les dépendants en consomment eux-mêmes, plusieurs fois par jour. Et ils sont de plus en plus nombreux à être accros, constate le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale. 

Depuis au moins deux ans, les interventions liées à cette drogue connaissent une croissance marquée, indique la Dre Violaine Germain, médecin au programme de traitement de la dépendance aux opiacés du Centre de réadaptation en dépendance de Québec (CRDQ). 

Surdoses

L’augmentation se manifeste notamment aux urgences des hôpitaux, qui reçoivent des consommateurs «récréatifs» de GHB après que ceux-ci eurent perdu la carte. 

«Ce qui nous fait peur, comme professionnels de la santé», explique Dre Germain, c’est que «la ligne est très mince» entre la quantité de GHB qui procure l’effet recherché par les consommateurs et celle qui produit une surdose. 

«C’est facile de se tromper dans la quantité», ajoute-t-elle. 

Les amateurs disent qu’ils ont wipé, le surnom donné aux surdoses. Nathan ne compte plus le nombre de fois où cela lui est arrivé. Il se trompait de contenant et buvait du GHB non dilué ou il en prenait une autre dose trop rapidement. 

Typiquement, les gens intoxiqués au GHB sont comateux à l’arrivée. Ils sont intubés et mis sous respirateur artificiel. Mais comme l’effet de la surdose se dissipe relativement vite, les patients quittent l’hôpital avant les soins intensifs. 

«À un moment donné, ils se réveillent, ils ‘arrachent le tube et ils repartent», décrit Dre Germain, qui a travaillé plusieurs années à l’urgence.

Comme une horloge

Au Centre de réadaptation en dépendance de Québec, la Dre Germain s’inquiète de voir à quel point la dépendance peut s’installer rapidement. Parfois, une semaine de consommation soutenue suffit pour développer une dépendance, précise-t-elle.

Nathan, lui, a commencé à consommer du GHB dans les raves. Il aimait son effet désinhibant; il se sentait moins timide, plus sociable. 

Il en a repris chez lui quand il lui en restait, s’est mis à en boire de plus en plus souvent. «À un moment donné, t’en as comme de besoin, parce non seulement tu redeviens timide, mais t’es mal», dit-il. 

La dépendance s’est enracinée. Le sentiment de manque de GHB revenait avec une précision quasi chronométrée, aux trois heures. S’il attendait 15 minutes de trop, l’inconfort devenait insupportable, jusqu’à ce qu’une autre dose de 5 ml l’apaise. 

«Le soir, pour te coucher, tu prends une fiole, tu te réveilles après trois heures, t’en prends une autre, trois heures, trois heures, trois heures, toute la journée». 

Sevrage dangereux

En plus du «jus», Nathan prenait des opiacés, des métamphétamines et de la cocaïne. Après plusieurs années de polytoxicomanie, il a réussi en s’en sortir et continue à faire un suivi au CRDQ. Mais de toutes les drogues qu’il a consommées, le GHB a été le plus difficile en ce qui a trait au sevrage, c’est-à-dire à la désintoxication. 

Le GHB, précise la Dre Germain, est effectivement une des substances dont le sevrage est le plus dangereux. Les dépendants qui cessent de consommer la drogue ou en diminuent la quantité par eux-mêmes prennent de grands risques. 

Le sevrage entraîne de l’anxiété, des tremblements, des sueurs, une accélération du pouls, une hausse de la tension artérielle, et parfois du délire ou des convulsions. 

«Ultimement, ça peut même être mortel, dit la médecin. Quelqu’un peut même faire un arrêt cardiaque dans un sevrage trop sévère.»

* Le vrai nom de Nathan a été modifié pour garder son anonymat