Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.

Viol: 10 ans réclamés contre un père qui a filmé son fils autiste

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit
Article réservé aux abonnés
Un homme de Gatineau «au mode de vie déviant» qui a filmé l’agression sexuelle qu’il a commise sur son fils autiste et qui a reconnu sa culpabilité à une accusation de leurre envers un adolescent connaîtra sa sentence le 2 juin prochain.

Le père, dont le nom ne peut être divulgué pour protéger l’identité de ses victimes, a plaidé coupable le mois dernier à diverses accusations de nature sexuelle, incluant agression sexuelle et production de pornographie juvénile.

Lors des observations sur la peine jeudi au palais de justice de Gatineau, la procureure de la Couronne, Me Christine Lambert, a donné une description dès plus troublante du viol où l’agresseur s’est filmé «clairement en égoportrait, en souriant».

«Si tous les dossiers d’abus d’enfants sont d’une tristesse inouïe, je vous soumets que celui-ci tombe clairement dans l’aberration. Il s’agit d’un crime odieux qui dépasse l’entendement», a précisé Me Lambert.

Drogue

Toujours selon la preuve, l’individu s’est fabriqué une poupée représentant un enfant comme un objet sexuel avec un orifice au visage «afin d’assouvir ses besoins de masturbation».

L’accusé consommait aussi des amphétamines (speed) alors qu’il avait la garde de son fils. Cette consommation était régulière durant les trois années qui ont précédé son arrestation en janvier 2020, période où il fut sans travail et où il occupait le plus clair de son temps à visionner du matériel pornographique, à se masturber et à jouer en ligne avec des adolescents avec qui il avait des conversations sexuellement explicites, a raconté le ministère public, citant les observations d’une agente de probation contenues dans un rapport.

Remords

Depuis un centre de détention, l’individu a présenté ses excuses aux victimes et a qualifié ses gestes devant la juge Anouk Desaulniers de la Cour du Québec «d’inexcusables».

«Je vais essayer de réparer un peu une partie de mon cœur et celui des victimes», a ajouté l’homme.

La Couronne a recommandé qu’une peine de 10 ans soit imposée contre celui qui s’est reconnu coupable des gestes.

La défense, qui a tenu à signaler que l’accusé a exprimé des remords, a suggéré une peine de cinq ans.

L'enfant a été placé en famille d'accueil et se porte bien, a mentionné la Couronne.