Vêtements SP vient de lancer la production de chandails des Broncos de Humboldt, dont la vente servira à soutenir les familles des victimes de la tragédie. On voit ici le président de l’entreprise, Serge Bérard.

Vêtements SP soutient la communauté de Humboldt

De la plupart des drames émerge une vague de solidarité. Le tragique accident ayant décimé l’équipe des jeunes Broncos de Humboldt ne fait pas exception et résonne jusque dans la région. Alors que s’amorcent les funérailles des 16 victimes, l’usine de Vêtements SP à Granby vient de lancer la production de chandails du club de hockey, dont les ventes permettront de soutenir les familles endeuillées.

L’onde de choc est énorme, tant pour la communauté que dans le milieu sportif, a indiqué en entrevue le directeur général de Vêtements SP, Steve Bérard. Touchés par le drame, l’homme d’affaires et son équipe ont rapidement entamé des démarches pour « aider à leur façon ». « En fin de semaine dernière, on a contacté les gens là-bas. On a un représentant dans la région qui est très proche de l’organisation des Broncos. J’ai discuté avec lui pour savoir comment on peut contribuer [à ce que] la communauté se relève. »

Une piste n’a pas tardé à émerger en ce sens, car la demande de vêtements à l’effigie des Broncos a explosé à travers le Canada et même chez nos voisins du Sud peu de temps après l’accident, a fait valoir Steve Bérard. « À peine trois jours après la tragédie, les demandes de chandails des Broncos rentraient de partout. C’était un peu décousu parce que tout le monde essaie de faire de son mieux pour s’entraider. On a donc décidé de produire des chandails de l’équipe et possiblement des bannières. »

Rappelons que l’accident est survenu le 6 avril, dans le nord-est de la province, lorsque l’autobus qui transportait les Broncos et son entourage a percuté un poids lourd. La violente collision a fauché la vie de 16 personnes et fait 13 blessés. L’équipe, qui comptait 24 joueurs âgés de 16 à 21 ans, tous originaires de l’Ouest canadien, était alors en route pour disputer une partie dans le cadre des séries éliminatoires de la Ligue de hockey junior de la Saskatchewan. La municipalité de Humdoldt a tenu ses premières funérailles jeudi.

Des dons de partout convergent pour soutenir les familles des victimes. À elle seule, la campagne GoFundMe lancée par une résidante de Humboldt connaît un succès retentissant. En six jours, plus de 124 000 personnes et organisations à travers le globe ont ouvert leur portefeuille pour fracasser l’objectif de 4 millions de dollars. Ce qui a été réussi haut la main puisque le cap de 10,8 millions de dollars a été franchi vendredi.

Au bon endroit
Ne produit pas des chandails des Broncos qui veut. Du moins pas légalement, car l’organisation détient les droits sur son logo. Ce qui a complexifié les démarches de Vêtements SP. « On aurait aimé commencer la production tout de suite après la tragédie, mais ça a été un peu plus long que prévu. C’est une cause qui nous tient à cœur, alors nos démarches ont fini par débloquer », a indiqué Steve Bérard.

De fait, la production de chandails de l’équipe junior a commencé jeudi à l’usine du boulevard Industriel à Granby. Toutefois, en date de vendredi, Vêtements SP n’avait pas pu terminer la confection des premiers gilets des Broncos puisque leurs emblèmes n’étaient pas encore disponibles. « Notre carnet de commandes est déjà bien garni, a dit le DG de la compagnie, qui fabrique notamment les chandails officiels des joueurs de tous les clubs de la Ligue nationale de hockey. On fait de la place dans la production pour faire le plus de chandails possible. »

Ceux-ci seront principalement acheminés à des commerçants dans la région de Humboldt, sous « haute supervision », a spécifié M. Bérard. « Tous les magasins là-bas essaient de donner un coup de main aux familles. Des propriétaires de commerces ont des enfants parmi les victimes ou ils connaissent leurs proches. On va contribuer en donnant les 100 premiers chandails. On laissera les autres au prix coûtant. On a une ressource près de l’équipe qui va superviser l’approvisionnement. On veut s’assurer d’envoyer les chandails à des gens qui vont les vendre pour la cause et non pour profiter de la situation. »