Selon la première décision Louise Ward a fait une évaluation de la dyslexie, alors qu’elle n’était pas autorisée à le faire.

Verdict maintenu contre la fondatrice du Centre canadien de dyslexie

La Cour supérieure réitère la culpabilité de la fondatrice du Centre canadien de dyslexie, Louise Ward, pour avoir fait l’exercice illégal de la psychologie en effectuant un diagnostic auprès d’une fausse cliente.

Mme Ward en avait appelé de la décision du tribunal de première instance, qui l’avait trouvée coupable d’une infraction au Code des professions du Québec, en juillet 2017.

L’Ordre des psychologues du Québec avait agi en tant que plaignant dans cette affaire.

Selon la première décision, rendue par la juge Christine Lafrance, en 2017, Mme Ward a fait une évaluation de la dyslexie, alors qu’elle n’était pas autorisée à le faire.

L’Ordre avait entamé une poursuite en vertu des dispositions du Code des professions qui prévoient, depuis 2012, que l’évaluation des troubles mentaux est un acte réservé à certains professionnels, dont les médecins et les psychologues.

« Son expérience n’est aucunement mise en doute ni sa contribution au développement de ressources pour aider les personnes dyslexiques tant au Québec qu’au Canada », lit-on dans la deuxième décision, rendue par la Cour supérieure le 2 août dernier, à Gatineau.

« Là n’est pas le débat », résume la juge de la Cour supérieure, Suzanne Tessier.

Le tribunal devait déterminer si la dyslexie était effectivement un trouble mental, comme le soutient l’Ordre des psychologues.

Or, selon, le Code des professions du Québec, ce type d’évaluation de troubles mentaux « est dorénavant une activité professionnelle réservée aux membres de certains ordres professionnels désignées soit les médecins/psychiatres, les psychologues, les infirmiers et les conseillers en orientation détenteurs d’une attestation délivrée par leur ordre respectif ».

Enquête
Dans le cadre de son enquête, l’Ordre des psychologues a envoyé un faux client à Mme Ward. Celui-ci lui a présenté divers symptômes.

« T’es définitivement dyslexique, ça, c’est certain », a affirmé Mme Ward, lors de cette rencontre.

Mme Ward a appelé de la décision du tribunal inférieur, en arguant que la juge de première instance avait accordé une trop grande importance sur le guide explicatif de la loi modifiant le Code des professions.

Mme Ward a précisé qu’elle ne faisait que du dépistage, sans nécessairement poser de diagnostic officiel.

L’appelante a tenté de convaincre la Cour supérieure que la première juge ayant entendu cette affaire avait erré en droit « en concluant que la dyslexie est un trouble mental au sens (...) du Code des professions », et que la magistrate avait « erré en droit en prononçant une déclaration de culpabilité déraisonnable considérant la preuve administrée ».

La juge Lafrance avait conclu qu’en recevant l’agente d’investigation dans son bureau gatinois de l’époque du Centre canadien de dyslexie, Louise Ward avait utilisé des affirmations « claires et directes » pour mentionner à la fausse cliente qu’elle était « pas mal » et « définitivement » dyslexique.

« Les motifs du juge de première instance sont étoffés et tout à fait conformes au fardeau de la preuve, écrit la juge Tessier. Il n’y a donc pas lieu d’intervenir également sous ce motif d’appel. »