Une voyageuse refusant la quarantaine doit répondre à la justice

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Une employée d’un centre de soins de longue durée d’Ottawa est retournée au travail sans respecter la quarantaine obligatoire à son retour de voyage à l’étranger. La police d’Ottawa a confirmé jeudi la mise en accusation de cette dernière, selon les nouvelles dispositions de la Loi sur la mise en quarantaine entourant la COVID-19.

La voyageuse de 53 ans est revenue au Canada le 26 septembre dernier. Selon la Loi sur la mise en quarantaine, elle aurait dû respecter une période de 14 jours d’isolement pour éviter tout risque de propagation du coronavirus. Sa quarantaine aurait dû prendre fin le 9 octobre.

Elle a toutefois décidé de retourner au travail le 30 septembre, soit quatre jours après son arrivée au pays.

La police d’Ottawa explique que le comportement de l’employée a provoqué un branle-bas au centre de soins de longue durée.

«Lorsque l’administration fut mise au courant de la situation, la femme fut immédiatement renvoyée chez elle. Le centre a mis immédiatement en œuvre des protocoles d’auto-isolement et de nettoyage et a informé toutes les personnes ayant été en contact avec cette personne.»

Aucun des résidents du centre n’avait reçu de test positif à la COVID-19, jeudi.

La police d’Ottawa, qui a reçu la plainte le 2 octobre, a déposé deux chefs d’accusation liés aux articles 58 et 67 de la Loi sur la mise en quarantaine. Ce décret fédéral autorise «la prise de mesures à l’égard des voyageurs de l’étranger et des autres personnes se trouvant au point d’entrée ou de sortie qui sont ou pourraient être atteints d’une maladie transmissible (constituant un danger grave pour la santé publique)».

L’Ottavienne est aujourd’hui accusée de non-respect d’une condition d’entrée (isolement de 14 jours) et d’avoir exposé autrui à un danger imminent de mort ou de blessures graves.

La comparution de la voyageuse au palais de justice d’Ottawa est prévue le 24 novembre.

Le décret fédéral prévoit des amendes de 275 $ à 1000 $ aux récalcitrants. Dans les cas plus graves, il prévoit jusqu’à six mois de prison ou une amende de 750 000 $.