«Le seul psychiatre de l’Hôpital de Maniwaki» vient d’écoper d’une radiation de quatre mois pour «ne pas avoir sauvegardé son indépendance professionnelle en participant au traitement d’un ami proche» en lui prescrivant «à plusieurs reprises et pour de longues périodes» des médicaments et pour avoir omis d’effectuer «un suivi de qualité et rigoureux» auprès de l’homme, qui s’est enlevé la vie en 2017.
«Le seul psychiatre de l’Hôpital de Maniwaki» vient d’écoper d’une radiation de quatre mois pour «ne pas avoir sauvegardé son indépendance professionnelle en participant au traitement d’un ami proche» en lui prescrivant «à plusieurs reprises et pour de longues périodes» des médicaments et pour avoir omis d’effectuer «un suivi de qualité et rigoureux» auprès de l’homme, qui s’est enlevé la vie en 2017.

Une radiation de quatre mois pour «le seul psychiatre de l’Hôpital de Maniwaki»

«Le seul psychiatre de l’Hôpital de Maniwaki» vient d’écoper d’une radiation de quatre mois pour «ne pas avoir sauvegardé son indépendance professionnelle en participant au traitement d’un ami proche» en lui prescrivant «à plusieurs reprises et pour de longues périodes» des médicaments et pour avoir omis d’effectuer «un suivi de qualité et rigoureux» auprès de l’homme, qui s’est enlevé la vie en 2017.

Dans une décision rendue le mois dernier, le Conseil de discipline du Collège des médecins du Québec se penche sur le dossier du Dr Richard Payeur, qui a reconnu sa culpabilité aux trois chefs de la plainte disciplinaire qui le visait.

C’est en janvier 2018 que la sœur d’un homme appelé «monsieur A» a dénoncé que le Dr Payeur, «un ami personnel de son frère», lui avait prescrit différents médicaments de la famille des benzodiazépines, entre 2015 et 2017.

Le psychiatre, qui n’avait aucun antécédent disciplinaire, a reconnu que ces ordonnances ont été faites «sur la base de conversations téléphoniques et évaluations informelles sans qu’il n’assure un suivi régulier à monsieur A». Il n’a pas non plus avisé le médecin de famille de son ami.

En mai 2017, monsieur A appelle le Dr Payeur. Il n’a plus de somnifères, puisqu’il en prend matin et soir, au lieu du soir uniquement. Le Dr Payeur contacte la pharmacie pour les informer d’un problème d’excès et demande que les ordonnances ne lui soient servies que pour sept jours à la fois.

Ce n’est qu’à la fin mai 2017 que le Dr Payeur décide d’avoir un dossier au nom de monsieur A. Il le conserve toutefois dans un tiroir personnel de son bureau du CLSC de Maniwaki.

Décès

À la fin juin 2017, une tierce personne – monsieur C – informe le Dr Payeur que son ami consulte un médecin dans une autre région pour obtenir des médicaments. Après avoir vérifié au Dossier santé Québec, le Dr Payeur avise la pharmacie de cesser de vendre un médicament en particulier à son ami. «Toutefois, le Dr Payeur n’avise pas monsieur A de cette décision ni ne discute avec ce dernier ce jour-là.»

Le lendemain, «monsieur A se donne la mort».

La décision du Conseil de discipline mentionne qu’«en rétrospective, le Dr Payeur reconnaît que la relation amicale qu’il entretenait avec monsieur A était susceptible de nuit à la qualité de son exercice».

L’avocate du syndic adjoint du Collège des médecins a pour sa part souligné que «malgré les fautes qu’il a commises, le Dr Payeur ne peut être tenu responsable de la mort de monsieur A » et qu’il «n’était pas de mauvaise foi».

Dans sa décision, le Conseil de discipline note que «les gestes commis par le Dr Payeur sont objectivement graves» et qu’«il s’agit de manquements déontologiques qui sont susceptibles de nuire à la confiance du public envers la profession de médecin».

Le Conseil de discipline lui a imposé les sanctions recommandées par les deux parties, à savoir des radiations de deux, trois et quatre mois à purger de façon concurrente, de même qu’une amende de 2500$.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais n’a pas voulu commenter cette radiation. L’organisation soutient tout de même avoir «différentes options» pour «contrebalancer l’absence temporaire d’un médecin», entre autres la téléconsultation, la collaboration d’autres médecins de la région et le recours à des médecins dépanneurs en provenance d’autres régions.

Vous ou vos proches avez besoin d’aide? N’hésitez pas à appeler au 1-866-APPELLE (277-3553).