La cabane à sucre de Vanier a été incendiée jeudi matin. Le brasier serait possiblement d’origine criminelle.
La cabane à sucre de Vanier a été incendiée jeudi matin. Le brasier serait possiblement d’origine criminelle.

Une quatrième cabane à sucre depuis 1939 

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
On ne pourra rien garder de la cabane à sucre de Vanier, incendiée jeudi matin par une main possiblement criminelle. Un peu plus de 80 ans après la fondation de la première cabane, en 1939, le directeur général du Muséoparc espère ouvrir les portes de la quatrième à être érigée au même endroit, à temps pour la prochaine saison des sucres.

Vingt-quatre heures après le sinistre, le directeur général Jean Malavoy espérait déjà une reconstruction complète d’ici le 15 février 2021.

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« Dans le meilleur des mondes, dit-il, on aimerait être prêts pour le début de la prochaine saison des sucres. Ce qu’on doit construire, ce n’est pas un château, c’est une cabane à sucre. On veut profiter de l’occasion pour agrandir l’endroit, améliorer le fonctionnement de la cuisine, et peut-être aménager un petit musée du sirop d’érable. »

Il ne faut pas se fier aux apparences. La cabane incendiée semble tenir bon malgré le sinistre, mais elle est une perte totale, rappelle M. Malavoy.

Joyau historique

La cabane à sucre du Muséoparc Vanier, située au 300, avenue des Pères-Blancs, est un joyau de l’est d’Ottawa. Aucune grande ville ne peut se targuer d’avoir une érablière de 17,5 acres comptant de 600 à 1000 entailles pouvant produire jusqu’à 600 litres de sirop. « C’est unique au Canada », vante M. Malavoy.

La police d’Ottawa menait toujours son enquête, au lendemain du brasier, afin de trouver le ou les incendiaires.

L’institution est un héritage des Pères Blancs, qui y ont construit en 1939 une toute petite cabane à sucre sur le même terrain.

« Les plus anciens Vanierois se rappellent encore avoir aidé les Pères Blancs à récolter l’eau des érables en échange de sirop, lit-on sur le site du Muséoparc de Vanier. Pour moderniser leur installation, les Pères Blancs construisent une seconde cabane vers 1960, au même emplacement que la précédente. »

En 1976, le départ des Pères Blancs signe l’arrêt temporaire de l’exploitation acéricole.

Au milieu des années 1990, le groupe Action Vanier reprend la gestion de la cabane et y organise le Festival des sucres de Vanier, créé quelques années plus tôt.

En 1999, on inaugure la troisième cabane, dont le toit et les plafonds sont construits avec le bois des arbres détruits lors de la crise du verglas de 1998.

Un peu plus de 20 ans plus tard, le 27 août 2020, le feu ravage cette troisième cabane. La police d’Ottawa menait toujours son enquête, au lendemain du brasier, afin de trouver le ou les incendiaires.

« Heureusement, personne n’a été blessé, et aucun érable n’a pris feu, dit M. Malavoy. La pluie nous a probablement sauvés. »