Des images déposées en preuve montrent Ian Bush en train de faire des pompes à côté des souliers qui auraient été portés par le meurtrier du juge Alban Garon, de son épouse et d'une amie du couple.

Une photo pleine de mystère

Ian Bush fait des pompes sur le bout des doigts. En arrière-plan, sur la même photo, il semble y avoir des souliers de marque New Balance, qui auraient été portés lors des meurtres du juge Alban Garon, de son épouse Raymonde, et de leur amie Marie-Claire Beniskos, en 2007. Si le mystère persiste sur la motivation du présumé meurtrier à se photographier dans cette position, le contexte en dit plus long sur son présumé comportement meurtrier.
Ni la Couronne, ni la défense n'ont voulu spéculer sur la raison poussant Ian Bush à garder une photo de lui, faisant des pompes sur le bout de ses doigts.
Le photographe judiciaire de la police d'Ottawa, Michael Ross, a témoigné au procès de l'homme de 61 ans, jeudi, au palais de justice d'Ottawa.
La police a saisi une clé USB dans le plafond du sous-sol d'Ian Bush, après son arrestation pour triple meurtre, en février 2015. Ce support informatique contenait la photo du suspect, à côté de chaussures de sport foncées.
Selon les expertises de spécialistes en reconstitution de scènes de crimes, les traces de semelles laissées dans les mares de sang des victimes de 2007 correspondent au même modèle que l'accusé portait pour faire des pompes.
Bush était déjà détenu dans une autre affaire lors de la saisie de cette photo, puisqu'il avait été arrêté en décembre 2014 pour un braquage à domicile.
Les photos mises en preuve ont été, selon le photographe judiciaire, prises par la petite caméra située sur l'écran d'ordinateur d'Ian Bush, à son domicile du secteur Orléans.
Les avocats au dossier n'ont pas voulu s'avancer sur l'idée que le suspect s'entraînait physiquement pour mieux agresser.
Cette semaine, la Couronne a mentionné que le suspect gardait un journal dans lequel il prenait des notes incriminantes, avant le meurtre.
Me James Cavanagh, de la Couronne, et Me Géraldine Castle-Trudel, de la défense, s'en sont tenus au débat entourant la présence des souliers de sport sur la photo, intitulée par la Couronne « Massage finger (Doigts de massage) ».
Témoin
Plus tard, Julio Santa Marta, l'homme à tout faire du 1510, promenade Riverside, a témoigné sur le suspect qu'il aurait aperçu le jour du triple meurtre, le 29 juin 2007.
Le 1510 Riverside, ou complexe Riviera, était l'adresse des condominiums du couple Garon et de leur amie, Mme Beniskos.
M. Santa Marta, qui travaille au complexe Riviera depuis sa construction en 1984, connaît la plupart des résidents. Le 29 juin, il a pris l'ascenseur avec quelques personnes, dont un homme qu'il ne connaissait pas.
La Couronne allègue qu'il s'agissait d'Ian Bush.
Selon l'employé, l'homme mystérieux transportait un sac noir de style porte-document, « mais pas de forme carrée ».
« Il est sorti à un étage supérieur (les victimes habitaient au 10e étage), a fait trois ou quatre pas, et s'est retourné partiellement, en me regardant par-dessus son épaule droite. Il est resté muet et a poursuivi sa marche. »
L'homme paraissait bien mis, sans dégager d'indice inquiétant.
Le procès se poursuit ce vendredi.
Selon le ministère public, Ian Bush a tué le juge de la Cour fédérale des impôts Alban Garon, parce qu'il était frustré des jugements rendus en sa défaveur. Les deux femmes se seraient trouvées à la mauvaise place, au mauvais moment. 
Les trois ont été retrouvées avec un sac de plastique sur la tête, et battues sauvagement.