L’accusé a mentionné aux policiers que les malfaiteurs étaient rentrés par la fenêtre de sa chambre à coucher.

Une mauvaise simulation de vol qui coûte cher

Un résident de l’Outaouais paie cher pour la mauvaise simulation d’un vol par effraction à sa résidence. Au lieu de toucher l’argent de sa compagnie d’assurances, il devra se présenter devant le tribunal d’ici la fin de l’année pour y recevoir sa sentence.

L’affaire semblait calculée. L’accusé, Denis Sauvé, a appelé sa compagnie d’assurances pour déclarer le vol de plusieurs biens de valeur à sa résidence, dans la MRC des Collines.

Il a découvert ce «vol» le 9 mai 2014.

La police de la MRC s’est rendue chez M. Sauvé le 16 mai 2014 pour enquêter sur celui ou ceux qui pouvaient avoir perpétré ce vol.

Il leur a montré la fenêtre de sa chambre à coucher, d’où seraient rentrés les malfaiteurs. Cette fenêtre est située à six pieds du sol. Pour atteindre cette hauteur, les malfaiteurs auraient dû monter sur un objet, dehors. M. Sauvé a expliqué que les voleurs auraient déplacé son chevalet sous la fenêtre.

La juge Anouk Desaulniers, de la Cour du Québec, n’a pas cru l’accusé.

Les policiers ont remarqué que le chevalet était entreposé dans une remise. «Il aurait fallu que les malfaiteurs remettent le chevalet à sa place (avant de quitter la scène de crime). Ça ne tient pas la route.»

La porte avant, qui aurait aussi été utilisée par les voleurs, n’était aucunement endommagée. La serrure était intacte.

M. Sauvé a pointé du doigt un moustiquaire, au sol, à l’extérieur. L’objet aurait été arraché pendant l’entrée par effraction.

Mais les policiers, incrédules, ont bien noté que ce moustiquaire était à cet endroit depuis fort longtemps, puisque le gazon poussait à travers ses mailles.

L’affaire a pris de l’ampleur lorsqu’un acheteur professionnel s’est arrêté chez M. Sauvé, qui vendait plusieurs biens dans un bric-à-brac.

La Couronne a convaincu le tribunal que plusieurs objets rapportés volés avaient été mis en vente dans cet événement, le 24 mai 2014, soit huit jours après la visite des policiers.

Cet acheteur, que le tribunal a trouvé crédible, a énuméré avec précision plusieurs objets mis en vente.

Téléviseur, génératrice, scie à chaîne, table tournante, jeux vidéo, bijoux ont été rapportés volés à l’assureur.

Le même acheteur s’est dit choqué d’entendre M. Sauvé dire que l’urne funéraire de sa conjointe décédée avait été rapportée volée, mais que ce n’était «pas vraiment» le cas. C’est ainsi qu’il en a parlé aux policiers.