Frank Fiorillo a plaidé coupable de s’être fait passer pour un agent de l’UPAC en 2016.

Une juge étonnée de l'ancienne administration de Pontiac

Une juge de la Cour du Québec n’a pas caché son étonnement quant au fonctionnement de l’ancienne administration de la municipalité de Pontiac, lors du passage de son ex-directeur des travaux publics au palais de justice de Gatineau, jeudi.

Le chapitre d’une longue saga judiciaire s’est terminé cette semaine. Frank Fiorillo a plaidé coupable d’un chef d’avoir faussement incarné un agent de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), en novembre 2016.

La juge a qualifié les faits de « très particuliers » lorsque la défense et la Couronne ont affirmé que l’accusé avait agi ainsi à la demande expresse de l’ancien maire Roger Larose, qui n’a pas été accusé dans cette affaire.

« Ça semble s’inscrire comme une façon de faire (de l’ancienne administration de la municipalité). Malheureusement, monsieur se retrouve seul devant la cour », a commenté la juge Rosemarie Millar.

Selon l’énoncé des faits rapportés jeudi, l’ancien maire avait exigé de son directeur des travaux publics d’incarner un agent de l’UPAC, afin de s’assurer qu’un entrepreneur en excavation lui fournisse une offre de service contenant un prix satisfaisant.

Cet entrepreneur, Jean-François Aumont, a eu des doutes et a enregistré M. Fiorillo à son insu.

L’affaire a fait boule de neige.

M. Fiorillo a reçu une peine de 90 jours de prison à purger dans la communauté. Il devra aussi effectuer 100 heures de travaux communautaires.

L’accusé travaille aujourd’hui en tant qu’ingénieur résident à la Ville de Montréal.

Lors de son plaidoyer de culpabilité, il a dit avoir accepté à contrecœur d’incarner un agent de l’UPAC, car il craignait de perdre son emploi s’il ne faisait pas ce que son supérieur lui disait de faire.

La juge Millar a accepté la proposition commune de la défense et de la Couronne sur la peine à imposer. « Le rapport présentenciel de l’accusé était positif », a précisé la magistrate. « Mais incarner faussement un agent de la paix est malgré tout un geste répréhensible. »