Personne n'a été blessé après que cette grue se soit renversée sur le chantier du train léger.

Une grue se renverse sur le chantier du train léger

Un autre incident qui aurait pu avoir des conséquences plus fâcheuses est venu perturber les opérations d'un chantier du futur train léger d'Ottawa, mercredi matin, alors qu'une grue s'est renversée sur la rue Waller, près de la rue Laurier.
Personne n'a été blessé, incluant l'opérateur de la grue qui a pu sauter à l'extérieur de sa cabine à temps.
Selon le directeur technique du Groupe de transport Rideau (GTR), Peter Lauch, l'incident est survenu alors qu'on tentait de descendre une bétonnière dans le tunnel.
« On commençait à la descendre et pendant qu'on était à côté, la capacité de la grue a été diminuée puisqu'il s'agissait d'une charge instable », affirme M. Lauch.
Le directeur technique de GTR ajoute que la cause exacte de l'accident est inconnue pour le moment. Une enquête du ministère du Travail de l'Ontario permettra de faire la lumière sur l'affaire, dit-il, tout en précisant que des enquêteurs étaient déjà sur les lieux mercredi matin pour rencontrer les travailleurs qui auraient été témoins de l'incident.
L'hypothèse la plus plausible pour l'instant serait que l'opérateur de la grue n'ait pas activé les stabilisateurs de chaque côté du véhicule lourd. 
Critiques
Le président du Ottawa & District Labour Council, Sean McKenny, s'est rendu aux abords du chantier en matinée pour dénoncer ce nouvel accident de travail à survenir sur un chantier du futur train léger. Il soutient que les accidents de travail s'y multiplient et que certains travailleurs commencent même à être craintifs de se rendre au travail, chaque jour.
« C'est difficile à cacher et de suggérer que ça ne s'est pas passé, la grue est juste là devant nous, ironise M. McKenny. Il y a eu des travailleurs qui ont perdu un pouce ou qui ont écrasé leur doigt. [...] Souvent, ce qui se passe dans le tunnel reste dans le tunnel en raison de l'entente de confidentialité que l'entrepreneur oblige les travailleurs à signer. »
« Tout le monde veut voir ce projet reconnu mondialement se réaliser, mais sans accident. [...] J'espère que ce n'est pas dû à la vitesse qu'on exige des travailleurs pour réaliser le projet », ajoute le président du Ottawa & District Labour Council.
En réponse au représentant syndical, Peter Lauch rétorque que la sécurité des travailleurs est une priorité pour GTR et qu'elle l'a toujours été. Avec plus de cinq millions d'heures de travail depuis l'ouverture du chantier, il indique qu'il est malheureusement « normal » que certains incidents surviennent. 

«La sécurité est la priorité numéro un»

Le directeur général des Transports à la Ville d'Ottawa, John Manconi, n'en démord pas : la sécurité des travailleurs sur le chantier du train léger s'avère la priorité absolue et hors de question de faire des compromis à cet égard dans le but ultime de respecter l'échéancier des travaux imposé au consortium Rideau Transit Group (RTG).
Lors d'un point de presse à l'hôtel de ville quelques heures après l'incident impliquant une grue, il a tenu à dire que fruit du hasard, l'administration municipale a rencontré mardi la direction de l'entreprise chargée des travaux pour entre autres lui rappeler que la sécurité est un élément non négociable. 
« Je veux que ce soit clair comme de l'eau de roche pour tout le monde : tous nos partenaires, incluant RTG, sont soumis à de hauts standards de sécurité. C'est la priorité numéro un pour le maire Watson, moi, le directeur du Bureau de mise en oeuvre du train léger, Steve Cripps, et le directeur général de la Ville (Steve Kanellakos) », a-t-il lancé, réitérant du même souffle sa confiance envers le consortium. 
Affirmant que ceux-ci ont les mêmes droits en matière de santé et sécurité au travail que tous les autres en Ontario, M. Manconi n'a pas voulu commenter le fait que certains des 1100 employés qui travaillent à la construction de la Ligne de la Confédération, dont la première phase doit être achevée au printemps 2018, craindraient pour leur sécurité au point où ils ne veulent plus descendre dans le tunnel. 
Il soutient également qu'il n'est pas au courant si les travailleurs ont reçu la directive de ne pas s'adresser aux médias, prétextant que c'est le grand patron de l'entreprise, Antonio Estrada, qui doit répondre à cette question. 
Une rencontre, qui était déjà à l'agenda avant les événements, doit avoir lieu jeudi entre le syndicat et la municipalité. 
Admettant que des pénalités seront imposées à RTG advenant que l'échéancier du projet ne soit pas respecté, John Manconi refuse toutefois de faire une corrélation entre une possible accélération du rythme des travaux et les plus récents incidents, disant qu'il ne faut pas « spéculer » sur une telle question.
Avec Daniel LeBlanc