Francine Neyron a vécu la tornade de 1994, en plus d’être parmi les sinistrés de celle qui a frappé la région le 21 septembre.

Une Gatinoise frappée par deux tornades en 24 ans

Francine Neyron admet être « un petit peu écœurée ». Après avoir passé six semaines à l’hôtel à la suite de la tornade ayant balayé le secteur Aylmer en 1994, voilà que sa maison du quartier Mont-Bleu était dans le corridor de la tornade de force 3 ayant frappé Gatineau vendredi dernier.

Mme Neyron se trouvait dans la région de Québec, où elle assistait à un mariage, lorsqu’une amie l’a contactée pour lui apprendre qu’une tornade venait de traverser son quartier. Deux de ses trois fils se sont rendus à sa résidence de la rue Marcoux pour y constater les dégâts.

Exception faite de quelques bardeaux, la toiture a tenu le coup. Mais la cour a durement écopé. Sa table de pique-nique et ses chaises ont cédé. En bordure de rue, devant sa maison, gisait lundi matin un amas de métal et de morceaux de toile qui composaient auparavant une balançoire extérieure. Tout autour, de nombreuses branches jonchaient le sol. Au beau milieu de son parterre avant : un trou béant laissé par l’épinette bleue d’une dizaine de mètres de hauteur ayant été déracinée par la force des vents. Le conifère était affalé au sol, jusque devant la maison des voisins.

Lorsque Le Droit l’a rencontrée, Francine Neyron venait à peine de revenir chez elle. « J’ai juste rentré ma valise dans la maison, a-t-elle raconté. Là, ce qui me stresse, c’est d’ouvrir mes congélateurs à cause de l’électricité qui n’est pas revenue. Je ne sais pas quoi faire, je suis un peu dépassée. »

Revenue dans la région dimanche soir, elle a dormi chez un de ses fils avant d’aller prendre connaissance de ses propres yeux des dommages causés sur sa propriété. Un scénario de déjà-vu l’y attendait.

« J’ai vécu la tornade d’Aylmer en 1994, on avait passé six semaines à l’hôtel, ça fait que je suis un petit peu écœurée, a-t-elle confié. Je ne suis pas peureuse, mais je pense que je vais devenir peureuse. En plus, il y a quatre ans, il y avait eu de gros vents le 5 septembre et j’avais un immense érable dans le fond de ma cour qui avait cassé. Je suis encore en train de ramasser des racines de cet arbre-là, et là il m’arrive ça... »

En 1999, après le passage de tornades meurtrières dans l’Oklahoma, Mme Neyron avait raconté au Droit l’expérience vécue cinq ans plus tôt. Une partie du plafond était tombée dans le salon familial, là où des membres de la famille se trouvaient « quelques secondes auparavant ».

Faibles probabilités

Météorologue chez Environnement Canada, Simon Legault a fait savoir que le cas de Mme Neyron représente une situation « assez exceptionnelle ».

Alors que l’Ontario connaît en moyenne une douzaine de tornades chaque année, il n’y en a « qu’environ six par année » au Québec, note M. Legault. En plein sud de la Belle Province, l’Outaouais est « plus à risque » que les régions situées plus au nord. « Mais souvent, au Québec, ce sont des tornades de force EF0 ou EF1, explique le météorologue d’Environnement Canada. Des EF3, c’est environ une fois tous les six à sept ans. »

Celle qui a frappé le secteur Aylmer en 1994, qui avait initialement été classée EF3, est maintenant considérée comme une EF2. Une tornade d’une telle force touche le Québec tous les 18 mois environ. Les chances de subir des dommages à deux reprises en raison de tornades de force 2 ou 3 comme l’a vécu Mme Neyron sont donc très minces, convient M. Legault.