La juge a décidé d'imposer à Louise Ward l'amende minimale pour une telle infraction, soit 1500$.

Une Gatinoise coupable d'exercice illégal de la psychologie

La fondatrice du Centre canadien de dyslexie, Louise Ward, vient d'être reconnue coupable d'exercice illégal de la psychologie pour avoir effectué un diagnostic dyslexie auprès d'une fausse cliente.
Le procès de Mme Ward, entamé au printemps au palais de justice de Gatineau, s'est terminé jeudi avec la décision de la juge Christine Lafrance, qui a conclu que l'Ordre des psychologues du Québec a su établir « hors de tout doute raisonnable » que Mme Ward a fait une évaluation de la dyslexie.
L'Ordre avait entamé une poursuite en vertu des dispositions du Code des professions qui prévoient, depuis 2012, que l'évaluation des troubles mentaux est un acte réservé à certains professionnels, dont les médecins et les psychologues.
La juge devait essentiellement se prononcer sur deux questions. Il fallait d'abord déterminer si la dyslexie était, ou non, un trouble mental. Le cas échéant, elle devait statuer à savoir si Louise Ward avait bel et bien effectué une évaluation - et non un simple dépistage - auprès d'une agente d'investigation embauchée par l'Ordre des psychologues du Québec, au printemps 2015.
La preuve soumise dans le dossier a su convaincre le tribunal que la dyslexie fait partie des troubles mentaux. Il s'agit d'une décision qui pourrait faire jurisprudence, puisqu'aucun tribunal au pays n'avait encore statué sur cette question.
La juge Lafrance a aussi conclu qu'en recevant l'agente d'investigation dans son bureau gatinois de l'époque du Centre canadien de dyslexie, Louise Ward a utilisé des affirmations « claires et directes » pour mentionner à la fausse cliente qu'elle était « pas mal » et « définitivement » dyslexique. 
Louise Ward a été reconnue coupable d'exercice illégal de la psychologie.
Mme Ward poursuit aujourd'hui ses activités uniquement sur le territoire d'Ottawa, donc sous la législation ontarienne qui diffère de celle en vigueur au Québec.
« Les compétences de la défenderesse dans l'administration des tests de dépistage en dyslexie ne sont pas contestées, souligne par ailleurs la décision de la juge Lafrance. Elle a d'ailleurs déjà été déclarée experte par un tribunal et elle dispense de la formation en dépistage de dyslexie. Cependant, la preuve démontre clairement que la défenderesse a outrepassé ce qu'elle pouvait faire. Elle ne s'est pas limitée à faire un dépistage de la dyslexie. »
La juge a décidé d'imposer à Louise Ward l'amende minimale pour une telle infraction, soit 1500 $.
La présidente de l'Ordre des psychologues du Québec, la Dre Christine Grou, s'est dite « extrêmement soulagée de la décision ».
« C'est une victoire, mais ce n'est pas juste une victoire pour l'Ordre, c'est une victoire pour tout le système professionnel et surtout pour le grand public, parce qu'il y avait des enjeux importants de protection du public, a-t-elle réagi, peu de temps après que la décision eut été rendue. [...] Maintenant, il est clair que pour évaluer un trouble mental, il faut être compétent et faire partie des professionnels qui sont habilités et accrédités. Ça, c'est extrêmement important, parce que ce n'est pas banal d'évaluer un trouble mental. Ça implique de porter un jugement clinique sur une affection qui est cliniquement significative et qui a des répercussions sur le fonctionnement cognitif. »
La Dre Grou a souligné que depuis 2012, les changements législatifs ont généré près de 1600 signalements auprès de l'Ordre, mais dans la majorité des cas, les dossiers se sont réglés sans judiciarisation. 
« À ce jour, il y a 11 poursuites qui ont été autorisées », a mentionné la Dre Grou.