Le corps de police de Fredericton avait fait état de plusieurs victimes pendant que la fusillade était toujours en cours, tôt vendredi. Les résidants du voisinage étaient alors invités à demeurer chez eux et à verrouiller leurs portes.

Une fusillade fait quatre morts, dont deux policiers, à Fredericton

FREDERICTON — Habituellement tranquille, la capitale du Nouveau-Brunswick a été le théâtre d’une fusillade, vendredi, durant laquelle deux policiers ont été abattus alors qu’ils venaient de découvrir les corps de deux victimes.

Les agents Robb Costello et Sara Burns ainsi que deux civils, un homme et une femme dont l’identité n’a pas été dévoilée, ont perdu la vie durant l’épisode de violence survenu vendredi matin dans un quartier résidentiel du nord de Fredericton.

En conférence de presse, la chef de la police de la ville, Leanne Fitch, a déclaré qu’annoncer ce genre de nouvelles était la pire chose pour un chef de police.

Un hôpital de Fredericton a révélé qu’il traitait «plusieurs victimes», mais les autorités n’ont pas précisé combien de blessés avait faits la fusillade.

La police a annoncé avoir arrêté un suspect, un résident de la ville âgé de 48 ans, qui a été soigné pour des blessures graves. Elle n’a pas divulgué le type d’arme qui avait été utilisé.

Le chef de police adjoint Martin Gaudet a expliqué que les deux policiers étaient arrivés sur les lieux vers 7h10 à la suite d’un appel d’urgence et avaient découvert deux victimes allongées sur le sol, un homme et une femme d’âge adulte.

«C’est à ce moment qu’ils ont été abattus», a indiqué M. Gaudet en conférence de presse, ajoutant que M. Costello et Mme Burns avaient été les premiers agents à se présenter.

Robb Costello et Sara Burns

Il a dit ne pas avoir d’information sur les autres blessés, mais a indiqué que l’enquête avait été confiée à la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Robb Costello, âgé de 45 ans, était policier depuis 20 ans et père de quatre enfants alors que Sara Burns, âgée de 43 ans, travaillait pour le corps policier depuis deux ans, était mariée et mère de trois enfants.

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Plusieurs coups de feu

Selon les témoins, la fusillade a commencé vers 7h à un complexe de logements situé sur Brookeside Drive.

Tim Morehouse a raconté qu’il était dans son appartement lorsqu’il avait entendu quelqu’un crier: «Tais-toi, tais-toi!»

Il a poursuivi en disant avoir ensuite entendu deux coups de feu puis trois autres. Jetant un coup d’oeil par sa fenêtre, il a aperçu le corps d’un homme sur le sol du stationnement situé à l’arrière du 237, Brookeside Drive.

«J’ai entendu d’autres tirs, j’ai regardé et il y avait deux policiers étendus par terre», a-t-il relaté.

David MacCoubrey, un autre résident, a pour sa part affirmé qu’il s’était réveillé dans son logement de Brookside Drive à 7h07 au son de coups de feu qui semblaient avoir été tirés «à 10 mètres de [son] lit».

Selon lui, trois coups de feu l’ont réveillé et 17 autres ont été tirés entre son réveil et 8h30.

M. MacCoubrey a précisé que le complexe était composé de quatre immeubles disposés en carré et qu’il avait eu l’impression que les tirs provenaient de l’édifice situé au milieu.

Environ 50 personnes habitant le complexe ont été évacuées après la fusillade. D’après la police, la municipalité et la Croix-Rouge se sont chargées de trouver de l’hébergement pour les résidents déplacés.

De nombreux policiers se sont rassemblés devant un hôpital de Fredericton vendredi après-midi, se consolant les uns et les autres pendant que les drapeaux du Nouveau-Brunswick et du Canada flottant devant le centre hospitalier étaient mis en berne.

Plusieurs bouquets de fleurs et messages ont également été déposés devant le poste de police de la ville.

Une veillée funèbre s’est déroulée vendredi soir à l’église anglicane St. John the Evangelist en présence d’une centaine de personnes.

Une à une, elles ont allumé des cierges placés sous une affiche où un passage de la Bible avait été écrit: «Heureux les affligés, car ils seront consolés».

Elles ont ensuite chanté Amazing Grace accompagnées par un pianiste, essuyant leurs larmes dans la lumière vacillante des cierges.

L’évêque anglican David Edwards a affirmé devant l’assistance que les cierges représentaient «la lumière et la solidarité qui nous unit les uns aux autres ainsi qu’à ceux qui ont été très affligés et affectés».

Du côté du poste de police, bouquets de fleurs et messages de soutien continuaient de s’amonceler devant l’édifice.
Une veillée funèbre s’est déroulée vendredi soir à l’église anglicane St. John the Evangelist.

Vers 21h, les agents de la GRC s’affairaient toujours dans l’immeuble à logements de trois étages où s’est produite la fusillade.

Près des lieux de la tragédie, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, a exhorté la population à faire preuve de patience.

«Il faut laisser aux autorités le temps et l’espace pour faire leur travail et avertir les familles de victimes, a expliqué M. Gallant. Il n’y a pas de doute que les autorités feront tout ce qu’elles peuvent pour informer les gens le plus rapidement possible. Entre-temps, comme gouvernement, nous serons là pour les proches des victimes, pour la grande communauté de Fredericton et pour tous les Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises.»

Solidarité nationale

La fusillade a suscité une vague de solidarité d’un océan à l’autre de la part des corps policiers, mais aussi de politiciens de toute allégeance.

Durant une allocution au festival de rue Taste of the Danforth à Toronto vendredi soir, le premier ministre Justin Trudeau a eu une pensée pour les victimes de la fusillade de Fredericton.

«Quelques heures à l’est d’ici, nos amis de Fredericton vivent une soirée très, très difficile et nous devrions tous envoyer notre amitié et notre soutien pour les policiers morts en nous protégeant et les autres personnes qui ont perdu la vie dans cette terrible tragédie», a déclaré M. Trudeau dans le cadre d’un discours qui devait initialement porter que sur les deux victimes et les nombreux blessés de la fusillade survenue sur la rue Danforth le 22 juillet.

«Quand les moments de difficulté arrivent, nous nous rassemblons et nous allons toujours le faire, a-t-il poursuivi. Dans les tragédies, dans les moments de peur, nous savons qu’ensemble, nous sommes plus forts, nous sommes là les uns pour les autres.»

La fusillade de vendredi s’est produite quatre ans après un autre événement tragique pour la police et la population d’une autre ville du Nouveau-Brunswick.

En juin 2014, les policiers de la GRC Doug Larche, Fabrice Gevaudan et Dave Ross étaient tombés sous les balles de Justin Bourque. Les agents Eric Dubois et Darlene Goguen avaient également été blessés durant la chasse aux policiers entreprise par Bourque dans un quartier de Moncton.

Selon Statistique Canada, de 6 à 11 homicides ont été enregistrés annuellement entre 2012 et 2016 au Nouveau-Brunswick.

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