Bret James Jerome, 18 ans, a été abattu par balles sur la rue Cartier, à Maniwaki, le 5 juin 2016.

Une fête qui a tourné au meurtre

Des informations qui étaient jusqu’ici frappées d’une ordonnance de non-publication dans une affaire de meurtre, à Maniwaki, peuvent enfin être révélées. Le Droit en a appris un peu plus sur la mort tragique de Bret James Jerome, un jeune autochtone abattu dans la rue, devant ses amis, le 5 juin 2016.

Une chicane entre jeunes fêtards éméchés, lors d’une soirée à laquelle certains n’étaient pas les bienvenus, constitue la trame de fond du procès pour le meurtre de ce jeune homme de 18 ans.

Amik McConini Mitchell, aujourd’hui âgé de 24 ans, subit son procès depuis un mois, au palais de justice de Gatineau. Il est accusé du meurtre prémédité de Bret James Jerome.

Bret James Jerome, 18 ans, a été abattu par balles sur la rue Cartier, à Maniwaki.

Le brouillard se dissipe peu à peu sur ce drame impliquant plusieurs jeunes de la communauté autochtone de Maniwaki et de Kitigan Zibi. Outre M. McConini, deux autres personnes sont accusées. Il s’agit des frères Tristan Stevens Gagnon, 21 ans, et de Jay Axel Stevens, 24 ans.

L’aîné a plaidé coupable d’homicide involontaire, et reçu une peine de six ans de pénitencier, à la fin de l’été. L’ordonnance de non-publication sur la sentence et les faits reliés à Jay Axel Stevens a été levée lorsque le procès (devant jury) de M. McConini a débuté.

Le 5 juin 2016, Tristan Stevens Gagnon s’est présenté à une fête, dans un appartement de la rue Cartier, à Maniwaki. Les invités et les hôtes l’ont mis à la porte, insatisfaits de son comportement erratique.

Sur la route du retour, le jeune homme a croisé son frère, Jay Axel Stevens, au volant de sa voiture. Le jeune frère a raconté sa mésaventure à son aîné.

L’idée leur est venue de retourner sur les lieux de la soirée, en compagnie d’Amik McConini, pour régler leurs comptes.

Armé d’un bâton, M. McConini a tenté de s’interposer dans la fête. Le groupe de fêtards a réussi à repousser le trio indésirable. Les trois jeunes ont rebroussé chemin, mais en prenant la direction de la résidence de la grand-mère des frères Stevens, où une arme de chasse était entreposée.

Éméchés et frustrés, les trois jeunes hommes sont retournés sur la rue Cartier. Selon la défense, McConini ne pouvait comprendre ce qui se passait, entre autres parce qu’il était intoxiqué par sa prise de médicaments. Des engueulades ont éclaté, et Amik McConini a tiré des coups de feu dans les airs. Un des fêtards qui tentait de le raisonner s’est couché au sol en signe de soumission.

Selon la Couronne, Amik McConini s’est retourné vers la petite foule, près de la résidence. À ce moment, Bret James Jerome est sorti du lot, et s’est dirigé vers l’homme armé.

Le tireur a fait feu à deux reprises sur la victime, sous les yeux horrifiés de ses amis. Le tireur a tenté de fuir. Il a rapidement été rattrapé par la foule, et battu par des amis de la victime.

Le groupe a gardé le tireur immobile, en attendant l’arrivée des agents de la Sûreté du Québec.

Coupable

Jay Axel Stevens a plaidé coupable à un chef d’accusation d’homicide involontaire, le 17 août dernier. La défense et le ministère public se sont entendus pour une peine de 6 ans de pénitencier, pour homicide involontaire.

Dans sa décision, dont Le Droit a obtenu copie, le juge Daniel W. Payette a rappelé que le jeune homme, père de famille, avait peu d’antécédents judiciaires, et qu’il avait exprimé des remords.

Jay Axel Stevens a mentionné, au moment de plaider coupable, qu’il était intoxiqué le soir du drame.

Sa culpabilité est liée au fait qu’il a proposé d’aller chercher l’arme du crime chez sa grand-mère.

De son côté, Tristan Stevens Gagnon a plaidé coupable à un chef de négligence criminelle causant la mort, le 11 septembre dernier. Il devrait connaître sa sentence l’hiver prochain.