La plus haute instance judiciaire du Québec a statué qu’une femme à qui la justice avait été refusée il y a trois ans après qu’un juge lui eut ordonné de retirer son hijab avait le droit d’être entendue par le tribunal.

Une femme pouvait porter son hijab en témoignant, tranche la Cour du Québec

MONTRÉAL — La plus haute instance judiciaire du Québec a statué qu’une femme à qui la justice avait été refusée il y a trois ans après qu’un juge lui eut ordonné de retirer son hijab avait le droit d’être entendue par le tribunal.

Le jugement unanime rendu mercredi en faveur de Rania El-Alloul indique que le code vestimentaire des tribunaux québécois n’empêche «pas l’appelante de porter un foulard de tête (hijab) lorsque cette pratique résulte d’une croyance religieuse sincère et n’est pas contraire ou ne porte pas atteinte à un intérêt public prépondérant».

En 2015, la juge Eliana Marengo avait refusé d’entendre une affaire concernant la voiture mise en fourrière de Mme El-Alloul parce qu’elle avait refusé de retirer son foulard islamique dans la salle d’audience.

La juge Marengo lui avait alors dit que le décorum était important et que, à son avis, Rania El-Alloul n’était pas bien vêtue.

Les avocats de la femme de confession musulmane avaient fait appel de la décision de la Cour supérieure du Québec en 2016, refusant de déclarer qu’elle avait le droit d’être entendue par le tribunal malgré sa tenue vestimentaire.

Le jugement rendu mercredi par la Cour d’appel du Québec annule le jugement initial rendu par le juge de première instance ainsi que celui de la Cour supérieure.

Julius Gray, l’un des avocats de Mme El-Alloul, se dit satisfait de la décision.