Le couple était en bordure de la route forestière 25 qui relie La Tuque à la communauté autochtone de Wemotaci.

Une femme atteinte d'Alzheimer manque à l'appel à La Tuque

LA TUQUE — Une femme souffrant d’Alzheimer manque à l’appel depuis dimanche soir à La Tuque, en Haute-Mauricie. La sexagénaire cueillait des bleuets avec son conjoint quand elle aurait perdu son chemin. Le couple était en bordure de la route forestière 25, près du kilomètre 6, qui relie La Tuque à la communauté autochtone de Wemotaci. Les recherches pour retrouver Denise Massicotte se sont mises en branle dimanche soir et se sont poursuivies toute la journée lundi.
Denise Massicotte

Denise Massicotte a été vue pour la dernière fois le 11 août dernier. Elle se déplacerait à pied. Les proches de la dame de 66 ans ont des raisons de craindre pour sa santé et sa sécurité. 

Elle mesure 1,40 m et pèse 52 kg. Elle a les cheveux blonds/roux et les yeux pers. La dernière fois qu’elle a été vue, elle portait un manteau vert forêt, des pantalons noirs et des souliers noirs. «Hier, on ramassait des bleuets. Je lui ai dit viens me trouver, je me suis levé et elle n’était plus là. L’Alzheimer c’est ça que ça fait, c’est vite. J’ai marché, j’ai été voir partout. Je ne l’ai pas trouvé. J’ai appelé la police», a affirmé son conjoint Réjean Bouchard sur les ondes de Radio-Canada.

L’hélicoptère de la SQ a survolé le secteur durant toute la nuit dimanche. L’appareil a de nouveau survolé les environs, lundi. Des agents de la Sûreté du Québec, en VTT et à pied, des maîtres-chiens, des spécialistes en recherche et des bénévoles participent au travail sur le terrain. Les recherches ont été suspendues à la tombée de la nuit et devraient reprendre mardi. 

Les dirigeants du Club Odanak ont également fait des recherches sur le territoire de la pourvoirie afin de tenter de localiser la dame. Il faut dire que la pourvoirie est située à un peu moins de 4 kilomètres du lieu de la disparition. 

«Je suis allé faire un tour, mais ils (les autorités) pensent qu’elle serait plus de l’autre côté de la route. C’est une dame qui fait de l’Alzheimer, elle peut être n’importe où. On ne prend pas de chance […] On a pris un bon deux heures pour faire le tour. Je suis allé partout où je pense que quelqu’un pourrait sortir à découvert», explique Steve Lacasse, gérant du Club Odanak.

Ce dernier souligne que la forêt est parfois très dense dans ce secteur.

D’ailleurs, les gens qui connaissent bien le milieu forestier de la Haute-Mauricie affirment qu’il peut être facile et très rapide de se perdre. Quelques minutes de marche pourraient suffire à perdre complètement l’orientation. 

«C’est facile de retomber à des endroits qui se ressemblent tout le temps. Les chemins forestiers peuvent tous se ressembler pour quelqu’un qui ne s’y connaît pas», explique Benoit Montreuil, régisseur de l’école forestière de La Tuque.

«Rapidement, si on perd l’orientation, ça va être difficile de se retrouver. Il y a beaucoup de chemin, et de marcher dans les chemins ne signifie pas nécessairement qu’on va revenir à notre point de départ et à la limite on peut s’éloigner […] La panique arrive rapidement dans les premières minutes», ajoute celui qui possède une vingtaine d’années d’expérience dans le domaine forestier.

Son avis est d’ailleurs partagé par plusieurs experts du milieu forestier. Un agent de la faune à la retraite soutient que la forêt a une trentaine d’années dans ce secteur.

«Si la personne n’est pas trop loin de la route 25, les camions font du bruit et peuvent la diriger. Si la personne n’entend pas les camions passer… C’est une jeune forêt très dense et c’est ça le problème. Le bois est très serré», note le Latuquois Enzo Forcione.

Conseils de sécurité 

Lorsque les gens s’aventurent en forêt, ils devraient emmener certains items qui, en situation d’urgence, pourraient leur permettre de survivre. 

«Idéalement, il faudrait un GPS. Il faut avoir de l’eau, des vêtements chauds, un briquet, un couteau… C’est un kit minimal de survie en forêt. Il faut être capable de construire un abri de survie, de se mettre au sec et de se réchauffer», explique Benoit Montreuil.

Il faut surtout éviter de paniquer. On insiste sur le fait de demeurer calme et d’agir de façon rationnelle.

«Le plus important, c’est de ne pas paniquer», a conclu le régisseur de l’école forestière de La Tuque.

Toute personne qui apercevrait Denise Massicotte est priée de communiquer avec le 911. De plus, toute information pouvant permettre de retrouver Denise Massicotte peut être communiquée, confidentiellement, à la Centrale de l’information criminelle de la Sûreté du Québec au 1 800 659-4264.