Le processus judiciaire qui s’étire depuis plus de 13 ans, entre Transat Tours et une famille gatinoise, a connu son lot de rebondissements.

Une famille gatinoise enfin entendue par le tribunal

MONTRÉAL — Un procès impliquant une famille qui réclame près d’un million de dollars à Transat Tours et à une chaîne hôtelière de Jamaïque doit débuter le mois prochain à Gatineau, plus de 16 ans après les faits en cause.

La requête initiale avait été déposée en novembre 2005 par Gilles Mongeon et Lise D’Amours. Le couple gatinois reprochait à l’hôtel Royal Decameron Club Caribbean, en Jamaïque, d’avoir épandu des pesticides pendant leur présence lors d’un voyage entre le 23 décembre 2002 et le 6 janvier 2003.

Selon les faits allégués par le couple, l’homme et la femme se seraient immédiatement sentis mal. Ils rapportent avoir observé plusieurs symptômes : palpitations cardiaques, difficultés respiratoires légères, pâleur, faiblesse intense. Certains symptômes auraient perduré plusieurs jours. À son retour au Québec, le couple soutient avoir observé une aggravation des symptômes.

Le processus judiciaire qui s’étire depuis plus de 13 ans a connu son lot de rebondissements. D’abord, la chaîne hôtelière jamaïcaine a tenté de faire annuler la poursuite en contestant la compétence des tribunaux québécois. Par la suite, les demandeurs ont réajusté deux fois leur réclamation monétaire. En cours de route, les demandeurs ont aussi remercié deux fois leurs avocats. Ce qui a fait dire au juge Pierre Dallaire que les demandeurs sont mieux de s’assurer de garder leurs avocats à l’avenir. « Par analogie avec le baseball, il s’agirait alors de la troisième prise », écrit-il.

Un autre événement inattendu est venu bouleverser l’évolution du dossier. En décembre 2012, l’un des demandeurs, M. Gilles Mongeon, décède à l’âge de 59 ans. Les poursuivants sont désormais Lise D’Amours, la succession de Gilles Mongeon et les enfants du couple, Stéphanie et Jean-François.

Le tout dernier revirement abracadabrant dans cette saga, dont le procès n’a toujours pas eu lieu, est une requête de la poursuite déposée le 7 décembre dernier pour obtenir l’autorisation de remplacer son témoin expert. Les demandeurs voulaient remplacer la Dre Jennifer Armstrong. Le problème, c’est que la Dre Armstrong a fait l’objet d’une sanction du comité de discipline du Collège des médecins de l’Ontario, en 2015, pour ne pas avoir respecté les normes de la profession. Il est désormais interdit à cette spécialiste de la médecine environnementale de traiter des patients qui ne sont pas déjà suivis par un médecin de famille.