Christine MacNeil a été tuée le 19 octobre 2015 en ouvrant la porte de sa chambre d’hôtel du Four Point Sheraton dans le Vieux-Hull.

Une escorte prise au piège

Christine MacNeil voulait prendre ses distances avec son ex-conjoint. Leur relation houleuse, parsemée de « séparations et de reprises » pendant trois ans, devait prendre fin de façon permanente. Mais son ex, Emilio Spezzano, ne l’entendait pas ainsi, selon la Couronne. Incapable de subir cette séparation sans lendemain, il aurait répondu par le meurtre, en complotant avec son ami de longue date, Blake Dooley.

Mme MacNeil a été tuée le 19 octobre 2015 en ouvrant la porte de sa chambre d’hôtel du Four Point Sheraton, sur la rue Laurier, dans le Vieux-Hull.

La femme, qui travaillait comme escorte, a à peine eu le temps d’ouvrir la porte et d’accueillir son « invité » qu’elle a été tirée à bout portant.

La Couronne s’est adressée au jury, mardi matin, lors du coup d’envoi du procès des deux hommes accusés du meurtre prémédité de Christine MacNeil, 25 ans.

Le ministère public a résumé sa preuve devant le jury, convoqué au palais de justice de Gatineau, mardi, trois ans après le meurtre.

« On lui a tendu un piège », a résumé la procureure de la Couronne, Me Diane Legault.

Les deux accusés assistent à un procès commun pour meurtre avec préméditation. Ils ont plaidé non coupables.

Le procès pourrait se compliquer, puisque l’ex-conjoint, Emilio Spezzano, 58 ans, se représente seul, sans avocat.

Piège

Christine MacNeil avait repris ses activités d’escorte après la rupture. Cela aurait grandement déplu à Emilio Spezzano.

Elle avait pris rendez-vous avec un « client », le 19 octobre 2015, à 20 h.

Mme MacNeil lui aurait « texté » le numéro de sa chambre d’hôtel, à 20 h 10.

« La victime a été tirée quelques minutes après 20 h », mentionne Me Legault.

Un employé de l’hôtel, qui se trouvait au quatrième étage, où s’est produit le meurtre, a vu passer un homme portant des vêtements foncés.

Quelques secondes plus tard, il a entendu quelque chose comme « No, Jake! », suivi de deux coups de feu.

La femme a été découverte sans vie.

Les deux présumés complices du meurtre ont été arrêtés après une longue enquête mêlant surveillance policière à Ottawa, croisement de données sur les emplacements de téléphones cellulaires, expertises pathologiques et témoignages.

Selon le ministère public, Emilio Spezzano a demandé à son ami d’abattre la femme.

« Les deux hommes ont tout prévu, a ajouté Me Legault. M. Dooley allait tirer la femme qui avait laissé M. Spezzano, son ami. Selon notre preuve, ce dernier était si fâché contre elle qu’il l’avait déjà menacée de la tuer. Nous savons, aussi, que les deux hommes ont passé du temps ensemble le jour du meurtre. »

Le cellulaire du « client » était celui utilisé par Dooley et Spezzano pour piéger la femme.

Selon la Couronne, Emilio Spezzanno est autant coupable du crime, même s’il n’a pas personnellement tiré sur son ex.

La femme et ses deux assassins présumés sont d’Ottawa.