Un Gatinois est sorti de ses gonds après qu'on lui ait refusé l'accès à une activité de basketball libre.

Une carte Accès Gatineau expirée mène à des menaces

Le détenteur d’une carte Accès Gatineau expirée qui s’est vu refuser l’entrée à une activité de basketball libre vient d’être reconnu coupable d’avoir menacé de causer des lésions corporelles à une employée municipale.

Dans une décision rendue la semaine dernière en Cour du Québec, le juge Richard Laflamme tranche sur la crédibilité des témoins dans une histoire qui remonte au mois de mars 2018.

L’accusé, Sébastien Sajous, s’était présenté avec un ami au gymnase de l’école secondaire Mont-Bleu pour participer à une activité de basketball libre organisée par la Ville de Gatineau. Sa carte Accès Gatineau + lui donnant normalement accès à l’activité était cependant expirée, de sorte qu’il devait payer pour dix dollars s’il souhaitait pouvoir entrer dans le gymnase. Ce qu’il a refusé.

L’apparitrice – une employée municipale – a donc interdit l’accès au gymnase à M. Sajous, ce qu’il a visiblement mal digéré. Il s’est tout de même rendu dans le gymnase pour tenter de plaider sa cause auprès du responsable de la salle, qui a mentionné ne pas pouvoir intervenir. Au même moment, l’apparitrice appelle, «en pleurs», sa superviseure. Cette dernière demande l’intervention des policiers pour expulser M. Sajous.

Les versions des deux parties sur les propos tenus au cours de cet incident différaient. «La poursuite prétend que lors de cette rencontre, M. Sajous a menacé [la superviseure] de lui casser les jambes et qu’il la retrouverait, relate le juge Laflamme. M. Sajous nie avoir proféré quelques menaces que ce soit.»

La superviseure soutenait que M. Sajous l’a menacée de lui casser les jambes. Le responsable du gymnase «ne rapporte pas les mêmes paroles, mais affirme que M. Sajous menace de la faire battre». De son côté, M. Sajous affirmait plutôt avoir demandé «Why are you treating us like that stupid bitch?».

Le juge a déterminé que la version de Sébastien Sajous «est peu crédible», puisqu’il «se contredit sous certains aspects» et que «son récit de s’harmonise pas avec le reste de la preuve». «Le témoignage du défendeur convainc de son arrogance et du fait qu’il faisait peu de cas des règles que l’apparitrice tentait de faire respecter.», ajoute le magistrat dans sa décision.

Le juge souligne que même si le responsable du gymnase ne se souvient pas des paroles exactes, il a retenu l’essence des propos de M. Sajous, à savoir qu’il voulait «faire battre» la superviseure, qu’il connaissait son nom et qu’il la retrouverait.

«Une personne raisonnable conclurait, à la lumière des circonstances, que casser les jambes ou faire battre quelqu’un représente à tout le moins une menace de lui causer des lésions corporelles», écrit le magistrat, qui a déclaré M. Sajous coupable. La sentence dans ce dossier doit être rendue le 6 mars prochain.