Naji Kamar, 62 ans, est propriétaire du Manoir Sainte-Marie, sur le boulevard Lorrain.
Naji Kamar, 62 ans, est propriétaire du Manoir Sainte-Marie, sur le boulevard Lorrain.

Un propriétaire de résidence pour aînés à Gatineau accusé d'agression sexuelle

Le copropriétaire d’une résidence pour personnes âgées de Gatineau a été arrêté mercredi matin pour agression sexuelle sur un homme de 88 ans.

Naji Kamar, 62 ans, est propriétaire du Manoir Sainte-Marie, sur le boulevard Lorrain.

Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) l’a interpellé en début de journée pour agression sexuelle, harcèlement et voie de fait sur la même personne.

Le SPVG craint que cet homme ait fait d’autres victimes. C’est pourquoi elle demande aux proches des autres résidents d’être attentifs aux propos que pourraient tenir les bénéficiaires du Manoir. Ces derniers ne doivent pas avoir peur de parler, a répété le SPVG, mercredi.

«Il y a un tabou sur les agressions sexuelles, et particulièrement chez les personnes âgées, a dit l’agente Andrée East, du SPVG. Les aînés ont parfois peur de causer des problèmes à leurs enfants (après avoir dénoncé les abus) ou de perdre leur place à la résidence.»

Le SPVG a entamé son enquête en février 2020, lorsque des intervenants sociaux ont sonné l’alarme concernant de possibles attouchements sur la victime.

Les faits se seraient produits entre mars 2019 et janvier 2020.

La victime a été confiée à une autre résidence pour personnes âgées après la réception de la plainte initiale, au mois de février.

Naji Kamar

Naji Kamar a été libéré en attendant la suite des procédures judiciaires. Il ne pourra approcher le Manoir ni occuper un emploi dans lequel il se trouve en position d’autorité auprès d’une clientèle vulnérable. Une autre condition de la Cour du Québec est de ne pas communiquer avec la victime alléguée. D’ailleurs, le propriétaire du Manoir n’a pas été en contact avec les autres bénéficiaires de l’endroit depuis l’audition de la plainte.

«Le SPVG tient à souligner l’excellente collaboration du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais et de tous les intervenants impliqués depuis le début de l’enquête», a dit l’agente East, mercredi après-midi.

Le Manoir est en activité depuis 2008, selon le Registre des entreprises du Québec (REQ).

La résidence est exploitée par deux autres propriétaires, soit monsieur Karim Namar, et madame Faten Ibrahim Kamar. Ces deux personnes ne sont pas visées par les allégations de mauvais traitement.

Le CISSS a mentionné mercredi que le fils de l’accusé assurerait l’administration de la résidence depuis le dépôt de la plainte. Le SPVG invite les personnes qui auraient un doute sur les agissements de Naji Kamar envers d’autres résidents de contacter les enquêteurs au 819 243-INFO (4636), option 5.

On peut lire sur le site Internet du Manoir Sainte-Marie que la sécurité et le confort à ses résidents sont assurés grâce à un «système surveillance complet», et à la présence des propriétaires sur les lieux afin de «favoriser une approche personnalisée».

Avant de diriger sa propre résidence pour personnes âgées, Naji Kamar était, selon nos archives, le directeur général de la Résidence de l’Île et du Château de l’Île, propriétés du groupe Katasa. L'entreprise gatinoise se retrouve présentement au centre d'une tempête à la suite du décès de 31 personnes au CHSLD Herron, à Dorval.

M. Kamar a été directeur de la Résidence de l’Île depuis au moins 1997, avant de devenir propriétaire du Manoir Sainte-Marie, en 2008.

Réaction du CISSSO

Par communiqué, le Centre intégré de Santé et de Services sociaux (CISSS) de l’Outaouais a tenu à rassurer les familles et la population inquiétées par les allégations d’agression sexuelle au Manoir Sainte-Marie.

Cette résidence privée pour personnes âgées a été placée en observation par les intervenants sociaux et le CISSS de l’Outaouais. «Nous avons pris contact (mercredi) avec les familles des résidents pour leur faire part de la situation et également pour les informer des mesures mises en place pour s’assurer du bien-être des résidents», a mentionné la porte-parole du CISSS, Marie-Pier Després.

Le bureau de la Commissaire aux plaintes et à la qualité du CISSS de l’Outaouais a reçu cette plainte le 7 février 2020. Les autorités ont alors demandé au suspect de quitter l’établissement et de ne plus s’y présenter jusqu’à nouvel ordre. Le CISSS de l’Outaouais dit assurer que des intervenants visitent quotidiennement les lieux et y organisent des rencontres surprises.

L’établissement a les autorisations pour accueillir des personnes semi-autonomes.