Selon Marc Mainville, les deux victimes se sont parlé au moment où l'enquête policière débutait. Le prévenu dit avoir connu les femmes, mais ne pas les avoir maltraitées.

Un présumé batteur de femmes se défend

Deux femmes ont ni plus ni moins inventé une histoire et accusé Marc Mainville, 47 ans, de violence conjugale.
C'est du moins la prétention de la défense et du prévenu, au palais de justice de Gatineau.
Dans sa défense, lundi, Marc Mainville a pratiquement nié en bloc ce que le ministère public lui reprochait.
Selon l'enquête policière et les victimes alléguées, M. Mainville a brutalisé psychologiquement et physiquement deux ex-conjointes de l'Outaouais, en 2014. Une des femmes aurait été saisie par la gorge, fusil sur une tempe. «Je vais te percer comme une passoire», était l'une de ses phrases favorites, selon une des femmes ayant témoigné.
«Vous êtes détenu pour rien?» a demandé la procureure de la Couronne à l'accusé, Me Christine Lambert. «Je n'ai rien fait», a-t-il répliqué.
La procureure s'est demandé, lors des plaidoiries, pourquoi une des victimes tremblait en tentant de ne pas s'écraser au sol en entrant dans la salle de cour. La victime présumée s'est dite apeurée au plus haut point par l'homme à la très longue feuille de route en matière criminelle, qui remonte à 1986.
Selon M. Mainville, les deux victimes se sont parlé au moment où l'enquête policière débutait. Le prévenu dit avoir connu les femmes, mais ne pas les avoir maltraitées.
Cette version a été contredite par l'ancien employeur de M. Mainville, Francis Lizotte, un entrepreneur général. «On le voyait parler au téléphone mains libres dans son véhicule. Quand on lui demandait ce qui se passait, il disait qu'il avait des problèmes avec une des filles de son harem. Il était tout le temps au téléphone.»
Un soir, une des victimes s'est réfugiée chez cet employeur, même si celle-ci ne le connaissait que très peu. «Elle en tremblait, elle en vomissait. Elle avait tellement peur, il fallait que je l'aide», a raconté M. Lizotte, qui lui a donné son aide, avec sa conjointe.
BMW et bateaux de luxe
Selon la preuve du ministère public, Marc Mainville roulait en BMW «empruntée» à une femme et magasinait des bateaux de luxe tout en vivant aux crochets de ses conjointes. Bien qu'il dise avoir déboursé la majorité de ses dépenses en argent comptant, il semble plutôt que ses conjointes payaient plus souvent qu'à leur tour.
Selon une victime présumée, il l'a un jour forcée à signer un document pour qu'il reçoive une carte de crédit.
L'homme est accusé de menaces et de voies de fait. Le juge Richard Laflamme rendra sa décision le 11 mai. Les horaires surchargés de la cour l'empêchent de faire connaître son verdict avant cette date.