La plage de Playa del Carmen où le pompier Martin Bilodeau a sauvé une femme de la noyade.

Un pompier de Québec sauve une femme de la noyade au Mexique

En voyage de noces au Mexique, Martin Bilodeau et sa femme Annie Gaudreault marchaient depuis une quinzaine de minutes sur la plage de Playa del Carmen quand ils sont tombés sur un lagon qui leur implorait de se baigner.

M. Bilodeau, 47 ans, pompier à la Ville de Québec, a enlevé sa casquette et ses lunettes fumées et s’est jeté dans la mer calme et cristalline. Il s’avançait vers le large, trempé jusqu’aux aisselles, lorsqu’il a aperçu au fond de l’eau une femme en maillot pâle, sur le ventre, inanimée. Elle avait un teint gris-bleu, signe que le sang manquait d’oxygène. 

Tous ces indices se sont additionnés dans la tête de ce pompier depuis 19 ans, qui avait déjà contribué à ranimer un garçon de trois ans après un incendie dans Sainte-Foy en 2010. 

En une fraction de seconde, M. Bilodeau a su que cette femme venait de se noyer. «Je savais qu’il fallait faire les manœuvres de réanimation rapidement...»

Il l’a soulevée en même temps qu’il criait pour alerter les autres touristes. Un Américain l’a aidé à la transporter jusqu’à la plage.


« Elle était morte... pas de pouls, rien... »
Martin Bilodeau, pompier de Québec

«Elle était morte... pas de pouls, rien», décrit M. Bilodeau. Il a amorcé le massage cardiaque dans le sable. Une inhalothérapeute québécoise est venue les rejoindre, suivie d’un sauveteur avec une bonbonne d’oxygène et un masque de RCR. 

La première dégageait les voies respiratoires et insufflait de l’oxygène à la femme pendant que M. Bilodeau et le sauveteur mettaient de la pression sur sa poitrine à tour de rôle. Le pompier et l’inhalothérapeute comptaient les poussées à haute voix : «1», «2», «3», «4» … jusqu’à «12», suivi de deux insufflations. 

Cinq minutes 

Après environ cinq minutes de manœuvres, de l’écume est apparue sur les lèvres de la femme et elle a commencé à vomir de l’eau. Deux fois, elle a dû être mise en position latérale pour ne pas s’étouffer. 

Quand un médecin est arrivé, elle avait recommencé à respirer et reprenait connaissance. M. Bilodeau l’a installée sur un brancard et elle a été transportée à l’hôpital. 

La fille de la femme qui a failli se noyer a assisté au sauvetage. Elle criait : «Come on, mom! Come on!» Martin Bilodeau n’a pas revu les deux femmes de Toronto. Elles séjournaient dans un autre hôtel. 

Pendant que l’ambulance s’éloignait, la mer restait calme et cristalline, indifférente à la mort qu’elle a failli entraîner.

M. Bilodeau, sa femme, l’inhalothérapeute et son chum, eux, ont pu enfin souffler. «On s’est fait un colleux sur la plage et nous sommes partis chacun de notre côté, raconte M. Bilodeau. L’inhalo m’a dit  : “Nous avons sauvé une vie aujourd’hui.”»