Un policier de Gatineau a été tenu responsable d’avoir percuté une voiture alors qu’il était en service, selon un jugement du tribunal administratif.

Un policier a agi «de façon téméraire»

La déontologie policière déclare un agent de Gatineau responsable d’avoir percuté une voiture alors qu’il se rendait sur les lieux d’une intervention corsée, en 2015.

L’accident est survenu à l’intersection des chemins d’Aylmer et Rivermead.

Devant le tribunal administratif, l’agent a dit avoir agi dans le but de se rendre le plus rapidement possible sur une scène potentiellement criminelle, dans l’ouest de la ville

L’agent Levasseur et sa coéquipière se rendaient sur la rue Pearson, à l’autre extrémité d’Aylmer, où plusieurs personnes, de la drogue, un pitbull et un Taser étaient impliqués.

Circulant sur le chemin Aylmer, vers l’ouest, le policier Levasseur s’est retrouvé derrière d’autres automobilistes, immobiles, qui ne dégageaient pas la voie, à la lumière rouge de l’intersection du chemin Rivermead.

Le policier dit avoir allumé les gyrophares.

Devant l’immobilisme des véhicules situés devant lui, l’agent au volant a franchi la ligne médiane pour dépasser la file de voitures.

C’est alors qu’un véhicule circulant sur Rivermead a tourné à gauche, sur le chemin d’Aylmer.

La voiture de police, dans le sens contraire, a percuté cette voiture à une vitesse de moins de 30 km/h.

Les occupants ont été blessés légèrement.

« Il conduisait en mode d’urgence en sens inverse, lit-on dans la décision de la juge administrative Louise Rivard. La responsabilité de l’accident lui revient. Toutefois, il ne peut dire que c’est une faute qu’il a commise, car il a pris les moyens qu’il fallait pour s’assurer de se rendre sur les lieux de l’appel et éviter d’avoir un accident. L’agent Levasseur admet qu’il y a eu un manque. Ce n’était pas volontaire de sa part. Il a pris la décision qui s’imposait en une fraction de seconde pour faire de son mieux. Malheureusement, cela s’est terminé par un accident. (...) Il a agi de façon téméraire. »

Le tribunal administratif reconnaît donc sa faute de ne pas avoir utilisé une pièce d’équipement (véhicule de police) avec prudence et discernement, commettant ainsi un acte dérogatoire prévu à l’article 11 du Code de déontologie des policiers du Québec.