Le pharmacien gatinois Sayed Hassan a commis «une faute d'une gravité telle qu'elle constitue une faute déontologique», estime le conseil de discipline de l'Ordre des pharmaciens du Québec.

Un pharmacien fautif

Un pharmacien de Gatineau vient d'être reconnu coupable par son ordre professionnel d'avoir commis des actes dérogatoires en inscrivant de faux renseignements dans les dossiers de trois patients.
Dans une décision rendue le 29 novembre dernier, le conseil de discipline de l'Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) a déclaré Sayed Hassan coupable de trois des sept chefs qui avaient été déposés à son endroit.
La plainte déposée par la syndic adjoint de l'OPQ reprochait à M. Hassan, dont la pharmacie est située au 520, boulevard de l'Hôpital, «d'avoir inscrit dans les dossiers de certains patients de faux renseignements concernant des médicaments à base de chlorhydrate de méthadone». La plainte lui reprochait également «d'avoir réclamé à la Régie de l'assurance-maladie du Québec (RAMQ) le paiement de services de supervision quotidienne de la prise de méthadone alors que ces patients ne se présentaient pas à la pharmacie pour recevoir ce médicament, car ils bénéficiaient de privilèges» leur permettant de prendre certaines doses à domicile.
M. Hassan avait plaidé non coupable aux sept accusations. «Il admet les faits de le plainte, mais explique qu'il s'agit essentiellement d'un problème d'enregistrement de produit et de réclamation à la RAMQ», lit-on dans la décision du conseil de discipline.
Les faits pour lesquels le pharmacien gatinois a été déclaré coupable se sont déroulés de 2012 à 2014, alors que M. Hassan a inscrit dans les dossiers de trois patients qu'il leur avait remis un médicament appelé MetadolMD ou MethadoseMD «alors qu'il avait plutôt remis une préparation magistrale faite à partir de poudre de chlorhydrate de méthadone». La méthadone est utilisée auprès de patients suivant un traitement de substitution aux opioïdes.
Le pharmacien a fait valoir qu'«en raison de difficulté d'approvisionnement dans le passé et de [la] durée de vie du médicament», il préférait préparer lui-même une solution-mère pour ses patients. Or, précise le conseil de discipline, la Loi sur la pharmacie exige que tous ces détails soient inscrits dans les dossiers des patients.
«Il ne s'agit pas ici d'une simple négligence ou d'une erreur, mais bien d'une faute d'une gravité telle qu'elle constitue une faute déontologique», est-il écrit dans la décision. Pour un autre chef, M. Hassan a été acquitté puisque le conseil de discipline a statué qu'il avait commis qu'une «erreur technique», tandis que pour les trois chefs concernant la RAMQ, il a également été acquitté car la jurisprudence prévoit qu'un professionnel ne peut être reconnu coupable d'une faute déontologique liée aux devoirs et obligations envers le client «lorsque le manquement est avec un tiers», en l'occurence la RAMQ dans ce cas-ci.
Une audition doit avoir lieu à une date ultérieure pour déterminer la sanction qui sera imposée à Sayed Hassan.