Un père violent ira en prison

Un jeune père purgera une peine de 90 jours à 15 mois de prison pour avoir infligé au moins sept fractures aux côtes à son bébé de deux mois, en novembre 2014.
L'accusé avait 21 ans au moment des faits relatés mercredi, au palais de justice de Gatineau.
La grand-mère a insisté, le 7 novembre 2014, pour aller au Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario. C'est à ce moment que les blessures ont été confirmées. Les personnes impliquées ne peuvent être nommées pour protéger l'identité de la petite victime, aujourd'hui âgée de
deux ans.
Après l'infraction, le père aurait minimisé son geste. « Je ne sais pas pourquoi vous capotez, a-t-il lancé après son crime. Il était trop petit, il ne s'en rappellera pas. »
Mercredi, il a dit au juge Richard Laflamme qu'il regrettait son geste. « Je me sens pitoyable, a-t-il dit. Je m'en veux depuis le premier jour. »
La Couronne demande une peine de 15 mois, et la défense, 90 jours à purger les fins de semaine. La sentence sera rendue en décembre.
Pour la famille maternelle, même une peine de 15 mois de prison est insuffisante. La grand-mère s'est dite « déboussolée, un peu déçue qu'on essaie de minimiser ce qui s'est passé avec le bébé ».
Selon la grand-mère, le jeune homme aurait pu l'appeler lorsqu'il ne savait plus quoi faire avec
l'enfant. « Tu prends le téléphone. T'appelles, tu dis : 'il pleure je
fais quoi ?' » 
« Ce n'est pas une question d'outils, c'est une question de morale », dit-elle, émotive.
« Il est temps que la société dise : 'wô, ça suffit'. Que ce soit des personnes âgées ou des bébés, 15 mois, ce n'est pas assez. Mais c'est toujours mieux que ce que la défense demande », poursuit la grand-mère, à sa sortie de la cour.
Défense
La défense a dressé le portrait d'un jeune « démuni », ayant à peine une sixième année.
Le rapport de l'agente de probation est peu flatteur. On y décrit une personne immature, qui a mis 45 minutes à s'adresser à l'agente, lors d'un rendez-vous. Le jeune homme était affairé à jouer à Pokemon Go sur son cellulaire.
La mère de l'accusé a parlé d'un fils ayant des problèmes d'apprentissage, mais qui travaillait malgré tout comme cuisinier.
À l'époque, a dit l'accusé, il avait un deuxième emploi pendant qu'il bénéficiait d'un congé de paternité à son autre poste. Il aurait « vu noir » à cause des pleurs incessants de l'enfant.
Dans une lettre au tribunal, la mère a indiqué faire encore des cauchemars.