Les bureaux de l'Agence du revenu du Canada, à Ottawa
Les bureaux de l'Agence du revenu du Canada, à Ottawa

Un Ottavien victime d’une fraude entourant la PCU veut sensibiliser les gens

Un résident d’Ottawa qui a récemment été victime d’une fraude en lien avec la prestation canadienne d’urgence (PCU) souhaite sensibiliser ses concitoyens en rapport avec ces fraudes.

Le résident du quartier Vanier à Ottawa, Éric Barrette, a eu toute une surprise lorsqu’il s’est rendu compte qu’un montant de la PCU avait été versé dans son compte bancaire, sans pour autant qu’il en eut fait la demande.

«J’ai reçu 6000$ dans mon compte de banque sans en avoir fait la demande. Je suis donc allé voir sur mon compte en ligne avec l’Agence du revenu et j’ai constaté que des transactions bancaires avaient été ajoutées avec une banque en ligne de Vancouver», raconte le résident du quartier Vanier, Éric Barrette.

«À l’Agence du revenu, on m’a souligné que la demande avait été faite par le biais du service automatique par téléphone, qui a été mis en place pour faciliter leur travail. Tout ce que ça prend pour procéder à la demande de PCU, c’est le numéro d’assurance sociale, la date de naissance et l’adresse.»

Malgré tout, l’Ottavien se considère chanceux d’avoir pu déceler la fraude sans qu’elle ne cause de dommage à son portefeuille.

«J’ai été chanceux parce que le changement de compte n’a pas été effectué à temps par l’Agence du revenu donc l’argent a été déposé dans mon compte et non dans celui qui a été ouvert à mon nom dans une banque fictive.»

M. Barrette a donc décidé de se servir de cette petite frousse afin de sensibiliser les gens à ce type de stratagème.

«Ce qui est dommage dans cette situation, c’est que la majorité des gens ne se rendront même pas compte qu’ils ont été fraudés avant de faire leurs rapports d’impôt l’année prochaine. C’est là que ça peut entraîner des complications pour ces gens-là, car ils doivent ensuite prouver que ce n’est pas eux qui ont fait la demande de PCU.»

Si M. Barrette a un conseil à donner, c’est de prendre le temps de «vérifier l’état de leur compte sur l’Agence du revenu. Juste par prudence, ça vaut la peine de vérifier qu’on n’est pas tombé dans cette arnaque-là sans s’en rendre compte.»

«Dans la plupart des cas, les gens qui s’en rendent compte tentent de faire une demande pour la PCU, mais ils se rendent compte que de l’argent a déjà été versé à leur nom. Par contre, pour ceux qui ne font pas de demandes à la PCU, il y a très peu de chance d’intercepter la fraude.»


« Ce qui est dommage dans cette situation, c’est que la majorité des gens ne se rendront même pas compte qu’ils ont été fraudés avant de faire leurs rapports d’impôt l’année prochaine. »
Éric Barrette

Vols de données

M. Barrette est d’avis que les nombreuses fuites de données qui se sont enchaînées au cours de la dernière année ont un rôle à jouer dans ce genre d’arnaque.

«C’est un enjeu d’intérêt public, sachant que ça peut arriver à n’importe qui et que le 2/3 de la population s’est déjà fait voler leurs données personnelles avec les fuites des dernières années.»

«On se rend compte que ça touche beaucoup des clients ou anciens clients de Desjardins. Je suis moi-même client chez Desjardins. Il y a eu plusieurs entreprises qui ont été victimes de duites de données, on pense aussi à Capital One, même à l’Agence du revenu du Québec», poursuit-il.

M. Barrette affirme que ce type de fraude est un modus operandi couramment utilisé depuis que le lancement de la PCU.

«Après avoir fait quelques recherches, je me suis rendu compte que je suis loin d’être le premier à avoir subi ce type de fraude. Il y a déjà plusieurs personnes qui ont subi de telles fraudes avec le même genre d’institutions financières. C’est rare que les fraudeurs ciblent les grandes banques canadiennes, ça vise plus souvent les caisses populaires et les banques en ligne.»

Heureusement pour M. Barrette, la situation a été complètement résolue avec l’Agence du revenu du Canada, du moins pour le moment.

«C’est le genre de situation qui est réglée temporairement parce que clairement, il y a quelqu’un qui se promène avec mes données personnelles. C’est une situation qui pourrait revenir sous forme d’autres stratagèmes.»