Un numéro 1-800 pour la traite de personnes

Les victimes - ou les témoins - de traite de personnes peuvent dorénavant alerter la police d’Ottawa, grâce à un numéro 1-800.

Ottawa et ses environs sont au cœur du corridor Toronto-Montréal, prisé des proxénètes.

Le nouveau numéro sans frais, le 1-800-292-1168, est relié directement avec l’Unité de lutte contre la traite de personnes du SPO (ULTP).

La traite de personnes est omniprésente et bien cachée à la fois. Chaque événement, chaque activité touristique d’envergure, attire son lot de clients potentiels.

« Je doute que la plupart des résidents d’Ottawa soient conscients de la prévalence de la traite de personnes ici même, a mentionné le sergent Damien Laflamme, responsable de l’ULTP. En tout temps, on retrouve au moins un travailleur ou une travailleuse du sexe dans chacun des hôtels de la ville »,

Les tenanciers d’hôtels et les organisateurs d’événements spéciaux collaborent généralement bien avec la police d’Ottawa. Cette ligne 1-800 peut être utilisée d’un océan à l’autre, même si elle est née de l’initiative du SPO.

« Nous tenions également à proposer une voie pour nous joindre, où que l’on soit au Canada », précise le sergent Laflamme.

Les histoires de traite de personnes sont nombreuses dans les postes de police et les palais de justice.

Les victimes peuvent être exploitées à des fins sexuelles, ou pour du travail forcé.

Il y a deux semaines, un groupe d’immigrants a été extirpé des griffes d’un groupe d’exploiteurs, qui les conduisaient de Toronto à Cornwall, pour les forcer à exécuter des tâches ménagères dans des conditions aberrantes, tout en étant sous-payées.

La plupart des dossiers de traite de personnes sont toutefois liés au commerce du sexe. Le corridor Montréal-Toronto est une importante route en la matière, et la région d’Ottawa-Gatineau en fait partie.

Les victimes peuvent parfois être transportées aux États-Unis, alors que les dirigeants de ces réseaux gardent le contrôle sur les passeports des victimes.

Jeudi est la Journée nationale de sensibilisation à la traite de personnes.

La Ville d’Ottawa a invité la directrice générale des Services aux victimes de la région de Durham, Carly Kalish, à titre de conférencière d’honneur. Elle entretiendra le public sur son approche, et des étapes du changement pour venir en aide aux survivants et survivantes de ce type de crime.