Un militaire accusé d'agression sexuelle plaide la franche camaraderie

SHILO, Manitoba — Au procès en cour martiale d'un militaire accusé d'agression sexuelle, au Manitoba, on a appris vendredi l'existence de «séances de chatouillage», au cours desquelles un soldat est maintenu au sol par ses camarades, chatouillé puis frappé aux fesses.

Le caporal Robin Gobin, de la base de Shilo, est accusé d'avoir agressé sexuellement un autre militaire du 2e Bataillon du Princess Patricia's Canadian Light Infantry, en décembre 2014.

Un témoin de la défense, l'ancien soldat Cody Huttinga, a raconté vendredi, au deuxième jour du procès, que des soldats de Shilo avaient l'habitude de plaquer un frère d'armes au sol, et parfois même de baisser son pantalon pour lui étaler de l'onguent analgésique entre les fesses.

Dans son témoignage, le plaignant a indiqué qu'il ne se souvenait pas de cette pratique à la base albertaine. Il déclare par contre que l'accusé s'est couché sur lui pour faire mine de le pénétrer de force, par-dessus ses vêtements, au dernier soir de son entraînement de trois mois et demi à Shilo.

Le plaignant a indiqué qu'il avait ressenti un inconfort physique pendant un an après cette agression.

L'accusé soutient qu'il a donné des tapes sur les fesses du plaignant à plusieurs reprises, pour lui souhaiter la bienvenue, mais qu'il n'a jamais posé les gestes plus graves qui lui sont reprochés.

L'ex-soldat Huttinga a raconté que les taquineries, les quolibets et les injures homophobes étaient monnaie courante pendant ces entraînements, et que les tapes sur les fesses n'étaient pas inappropriées - tout le monde le prenait assez bien, a-t-il dit. «C'est la nature de l'emploi.»