Ryan Straschnitzki, ancien joueur des Broncos de Humboldt, a été paralysé dans l'accident d'autobus qui a fait 16 morts et 14 blessés au printemps dernier.

Un joueur paralysé des Broncos de Humboldt s'habitue à sa nouvelle vie

CALGARY - Ryan Straschnitzki, auparavant joueur des Broncos de Humboldt, affine une technique qu’il n’a pas eu à pratiquer en 18 ans: ramper.

Avec l’aide de deux physiothérapeutes, le jeune homme paralysé réapprend à se soulever avec ses bras et à avancer ses jambes de quelques centimètres à la fois.

«C’est presque comme recommencer sa vie. En grandissant, on apprend à ramper avant d’apprendre à marcher. On apprend à marcher avant d’apprendre à courir et tout ça. Ce sont de petits pas», explique à La Presse canadienne un Ryan Straschnitzki en sueur, au coeur d’une séance d’entraînement d’une heure.

Avec trois mois de réadaptation déjà à son actif, il se concentre sur son avenir tel qu’il est et non tel qu’il aurait pu être.

Il a été paralysé à partir de la poitrine lorsque l’autobus transportant son équipe de hockey junior est entré en collision avec un semi-remorque, en avril dernier, dans une région rurale de la Saskatchewan.

Seize personnes ont péri dans l’accident et 13 autres ont été blessées.

«Je veux rester positif et j’espère pouvoir un jour marcher à nouveau grâce à cet état d’esprit», fait valoir le jeune sportif.

Son enthousiasme vient en partie de sa volonté de se joindre à l’équipe nationale de hockey sur luge du Canada et de participer aux Jeux paralympiques d’hiver.

Au hockey sur luge, les joueurs troquent les patins pour des traîneaux à double lame et leurs bâtons sont dotés de palettes pour manier la rondelle, mais aussi de pics pour se propulser sur la glace.

Ryan Straschnitzki a déjà pratiqué ce sport à plusieurs reprises et s’entraîne déjà pour une collecte de fonds prévue à Calgary le mois prochain.

«Je suis devenu plus fort. Je pense que j’ai pris de la masse. Le hockey sur luge semble beaucoup plus facile qu’il ne devrait l’être. Tout ça grâce à ces gars-là», expose-t-il.

«Savoir que je travaille dans l’objectif de jouer un jour pour Équipe Canada, ça me rend heureux d’être ici, mais pour l’instant, je fais juste m’amuser sur la glace et profiter de mon temps ici et travailler fort.»

Après une thérapie à l’hôpital Foothills de Calgary, il a passé un mois à l’Hôpital Shriners pour enfants malades à Philadelphie.

Il vient maintenant de passer un autre mois dans un centre de réadaptation pour traumatismes médullaires à Calgary.

«Pendant le mois où Ryan a été ici, l’un des domaines d’amélioration les plus importants que nous avons pu observer est sa stabilité dans son tronc. Il peut voir que ça fait une grande différence dans son hockey sur luge. Il est capable d’un peu mieux manoeuvrer et contrôler», indique Uyen Nguyen, directeur et fondateur de l’établissement.

«En neuroréadaptation, un mois n’est en fait pas beaucoup de temps, alors quand on voit du changement ou du progrès, c’est vraiment encourageant.»

Même si Ryan a toujours investi beaucoup d’efforts dans sa rééducation, son intensité a monté d’un cran depuis qu’il joue au hockey sur luge, relève M. Nguyen.

«Ce que j’admire et respecte vraiment chez Ryan, c’est qu’il ne se plaint pas par rapport à ce qu’il a perdu, rapporte-t-il. Il a simplement hâte de voir ce qu’il va faire et ce qu’il va gagner. Le hockey, comme il le sait, est derrière lui. C’était un chapitre précédent et il est prêt à aller de l’avant.»