La dame âgée de 86 ans avait des problèmes de santé dont des troubles de déficience cognitive et de démence légère.

Un homme devra payer 236 000 $ pour avoir dépouillé sa tante âgée

MONTRÉAL — Un homme qui a soutiré d’importantes sommes d’argent à sa tante âgée et vulnérable vient de se faire condamner par le Tribunal des droits de la personne à lui payer des dommages de 236 000 $.

La dame de Montréal, alors âgée de 86 ans, avait des problèmes de santé dont des troubles de déficience cognitive et de démence légère.

Elle avait survécu aux camps de concentration lors de la Seconde Guerre mondiale. Ayant tout perdu lors de la guerre, elle quitte l’Europe. Elle s’établit d’abord en Israël, puis à Montréal, pour être près de sa soeur, la mère de Charles Finkelstein.

Parce qu’elle faisait confiance à celui-ci, elle l’a nommé en 2010 mandataire pour ses biens et a signé en sa faveur un mandat en prévision de son inaptitude. Bien mal lui en prit.

Au moment où ce dernier effectue certaines des transactions financières au nom de sa tante, elle n’était pas en mesure de donner un consentement éclairé en raison de son état de vulnérabilité. C’est notamment le cas pour le transfert d’une somme importante d’argent provenant de la vente d’une propriété, est-il rapporté dans la décision rendue par la juge Doris Thibault du Tribunal des droits de la personne, datée du 7 mars.

Le neveu profite de son état de vulnérabilité et vide ses comptes bancaires, peut-on lire dans la décision.

«La mise à profit est évidente. Charles a détourné des sommes importantes des comptes de sa tante à son seul bénéfice. Il ne donne aucune explication quant à l’utilisation des montants qu’il s’est appropriés», est-il écrit dans la décision.

La Commission des droits de la personne dit avoir effectué une enquête d’envergure dans cette affaire.

Puis, elle a entrepris un recours devant le Tribunal en alléguant que la dame âgée a fait l’objet d’exploitation financière et que son neveu a porté atteinte à sa dignité.

C’est pourquoi elle est satisfaite que le tort subit par la victime soit reconnu et que l’homme ait été condamné à payer des dommages matériels, moraux et punitifs.

«Chacune des situations d’exploitation qui est portée à notre attention est à la fois unique et empreinte de tristesse, voire de détresse. Avec ce nouveau jugement, le Tribunal réaffirme que la population est protégée contre cette forme d’abus qu’est l’exploitation financière. En cas de doute concernant une possible situation d’exploitation, les gens ne doivent pas hésiter à s’informer ou à porter plainte», a déclaré par communiqué le président de la Commission, Philippe-André Tessier.