Un couple de l’Outaouais a été accusé d’extorsion envers un riche homme d’affaires de la région, mercredi, au palais de justice de Gatineau.

Un homme d’affaires se dit victime d’extorsion

Un couple de l’Outaouais est accusé d’extorsion pour avoir exigé une rançon auprès d’un riche homme d’affaires de la région, filmé à son insu dans une position sexuelle explicite.

La victime, dont on ne peut révéler l’identité à cause d’une ordonnance de non-publication, a livré sa version des faits mercredi, au palais de justice de Gatineau.

En septembre 2018, l’homme d’affaires s’est rendu dans un salon d’esthétique du secteur Hull pour y recevoir une pédicure.

Les deux s’étaient déjà croisés auparavant, sans que rien n’aille plus loin.

Ce jour de septembre 2018, ils se sont rendus dans une salle privée du salon d’esthétique.

Sous le charme, le client aurait complimenté l’employée sur sa beauté.

De fil en aiguille, le client aurait mis ses mains sur les seins de la femme en tenue légère. Il aurait ensuite commencé à se masturber.

Ce que l’homme d’affaires ignorait, c’est qu’on avait posé une caméra dans cette salle privée.

La scène a été filmée à l’insu de l’individu.

Les jours ont passé et un homme s’est présenté au bureau de l’homme d’affaires. L’accusé, Richer Geneau, a montré à son hôte la vidéo dont la teneur était explicite.

«Combien ça vaut, tu penses ?» a demandé M. Geneau au principal intéressé.

Selon la victime alléguée, M. Geneau l’a menacé d’envoyer la vidéo aux médias de la région afin de briser sa réputation.

La seule façon d’éviter une telle humiliation était de verser une somme d’argent.

Dans la même semaine, l’homme d’affaires a enregistré une conversation téléphonique avec M. Geneau.

La victime et son escroc se sont donné rendez-vous dans un restaurant du secteur Hull.

Mais l’homme d’affaires était accompagné de policiers, qui ont procédé à l’arrestation de M. Geneau.

La présumée complice de M. Geneau est sa conjointe, Natacha Naud-Lamontagne, aussi accusée d’extorsion.

À la sortie de la salle d’audience où a eu lieu l’enquête préliminaire, mercredi, M. Geneau a tenu à dire que les victimes étaient plutôt lui et sa conjointe.

«C’est nous, les victimes, a-t-il soutenu. On l’entend dans la vidéo. Elle dit ‘non’.»

Cette vidéo n’a pas été présentée au tribunal. Elle pourrait cependant être présentée dans un éventuel procès.

Un des avocats de la défense, Me Jacques Belley, a précisé que l’affaire sera finalement entendue devant juge et jury.

«Oui, ma conjointe était habillée de façon provocante, mais ce n’est pas une excuse pour la toucher, a soutenu M. Geneau. Elle a dit non et il a continué.»