Un joueur de hockey d'une ligue récréative a été reconnu coupable de voies de fait sur un adversaire.

Un hockeyeur coupable de voies de fait sur un adversaire

Un juge de la Cour du Québec a dû se faire l'arbitre d'un conflit opposant deux hockeyeurs amateurs, reconnaissant la culpabilité de l'un d'eux qui a causé une sévère commotion cérébrale à son adversaire, en 2016, à Gatineau.
La scène s'est produite à l'aréna Robert-Guertin, le 10 janvier 2016, lors d'un match opposant deux équipes récréatives dans ce qui était la Ligue Labatt de l'Outaouais, aujourd'hui connue comme la Ligue nationale de l'Outaouais.
Au banc des accusés, Patrick Bisson a été reconnu coupable, vendredi, de voies de fait et de voies de fait causant des lésions à Marc-André Rouleau.
Selon ce dernier, M. Bisson lui a asséné un coup de bâton de hockey à la tête et à un poignet, après que les deux sportifs du dimanche se soient disputé la rondelle.
Après le sifflet marquant un arrêt du jeu, M. Bisson a donné un coup de bâton sur son casque, a raconté la victime. « Je ne pouvais pas le croire, a dit M. Rouleau, vendredi, au juge Raymond Séguin. Je joue au hockey depuis 35 ans, et ce coup m'a fait penser à celui de Marty McSorley à Donald Brashear, dans la Ligue nationale de hockey (LNH). »
En février 2000, le défenseur des Bruins de Boston, Marty McSorley, a asséné un coup de bâton à la tête du dur à cuire des Canucks de Vancouver, Donald Brashear. Ce coup est considéré comme l'un des plus salauds de l'histoire moderne de la LNH.
Interrogée par la procureure de la Couronne, Me Brigitte Gendron, la victime a dit avoir été au repos forcé pendant quatre mois, à cause de sa commotion cérébrale.
« Pendant 10 jours, j'ai dû rester dans mon lit, presque 24 h sur 24, dans le noir », a raconté M. Rouleau.
L'avocat de M. Bisson, Me Jean-Guy Moulin, a qualifié le plaignant de « malade imaginaire », faisant référence à la pièce de Molière.
« Vous exagérez, monsieur », a dit Me Moulin. Selon la défense, non seulement le geste de l'accusé est grossi par le plaignant, mais la nature même des lésions (ecchymoses au poignet et commotion cérébrale) sont inexistantes.
Le juge Séguin n'a pas eu la même impression « que monsieur faisait une mise en scène ».
Selon M. Rouleau, son adversaire le suivait de près lors de l'arrêt de jeu. « En me retournant, dit la victime, j'ai vu ses yeux. Il m'a donné "un coup de hache" sur le casque, et le bâton a poursuivi sur mon poignet. »
C'est alors que le joueur s'est affalé sur la glace, se tordant de douleur.
M Bisson aurait quant à lui reçu plus d'un coup de bâton au poignet lors de la dispute de la rondelle. « Vous l'avez cinglé », a dit l'avocat de la défense à M. Rouleau. « Non », a répondu la victime.
M. Bisson a, « dans le feu de l'action », voulu riposter en assénant un coup à l'adversaire, mais sans viser la tête ni en essayant de le blesser. Il a dit s'être enfargé dans le filet au moment où le coup de bâton est parti. Le juge n'a pas cru sa version.
L'accusé a appelé la victime deux jours après les faits pour s'excuser.
L'avocat de la défense pourrait demander une absolution inconditionnelle pour son client. La date de la sentence a été remise.