En 2005, la police d’Ottawa avait trouvé des restes humains dans un boisé de Carleton-Ouest. La victime était le vendeur de cocaïne Hussein El-Hajj Hassan, porté disparu près d’un an plus tôt.

Un Gatinois subira un troisième procès pour meurtre

De vieux fantômes ressurgiront au palais de justice d’Ottawa alors qu’un individu subira un troisième procès pour le même meurtre survenu il y a plus de 15 ans.

Le Gatinois Fadi Saleh, aujourd’hui âgé de 41 ans, a été reconnu coupable à deux reprises du meurtre prémédité d’un vendeur de drogue de l’Est ontarien.

L’affaire a des ramifications de Cornwall à Ottawa.

L’histoire remonte au mois d’août 2004, lorsqu’un vendeur de cocaïne, Hussein El-Hajj Hassan, est porté disparu.

Sa famille est restée sans nouvelle de lui, jusqu’au jour où une enquête de la police d’Ottawa sur le trafic de drogue a démantelé une organisation criminelle, près d’un an plus tard.

Les restes de Hussein El-Hajj Hassan ont été découverts en juin 2005 à Carleton-Ouest, près de la sortie du chemin Panmure de l’autoroute 417.

La victime a été abattue par balles dans un boisé.

La police d’Ottawa a accusé trois personnes, soit Fadi Saleh, Shant Esrabian et Mark Yegin. Ce dernier aurait donné des indices importants à la police, en échange d’une certaine forme d’immunité policière. Avec ces informations, la police a découvert le cadavre.

Cette immunité n’a pas duré très longtemps, puisque M. Yegin a changé sa version auprès des policiers pendant l’enquête.

En étudiant la scène de crime et en écoutant ce témoin important, la police a compris que ce dernier n’était pas blanc comme neige.

Au départ, Mark Yegin aurait dit que Fadi Saleh avait tiré une seule balle à la tête de la victime. Toutefois, les policiers ont découvert trois douilles de calibre 45 sur la scène de crime.

Sa version a changé pour celle-ci : Shant Esrabian avait en fait tiré deux fois au corps, et Fadi Saleh une fois à la tête.

De témoin important, Mark Yegin est passé au banc des accusés.

M. Esrabian a été déclaré coupable de meurtre en 2008, suivi de M. Saleh, en 2010.

Mark Yegin, qui a refusé de témoigner lors du premier procès de Fadi Saleh, s’en est sorti avec une peine de quatre ans pour outrage au tribunal.

Deuxième procès

La Cour d’appel a ordonné en 2013 la tenue d’un nouveau procès pour Fadi Saleh. Il a été déclaré coupable une deuxième fois, en 2015.

Cette fois, Mark Yegin avait donné sa version des faits, sous le Programme de protection des témoins.

La défense a rapidement interjeté appel de ce deuxième verdict de culpabilité.

La Cour d’appel a ordonné la tenue d’un troisième procès, le 15 octobre dernier.

La défense a convaincu la Cour d’appel que le témoin Yegin avait menti aux policiers, qu’il avait changé de version au fil des ans, et qu’il ne pouvait être considéré comme étant crédible.

Son récit sur la séquence des coups de feu – et sur leur auteur – n’a pas été la même entre 2005 et 2015.

Selon la Cour d’appel, le juge de la Cour de l’Ontario n’a pas « donné les outils nécessaires » aux jurés pour se prononcer adéquatement sur la preuve balistique impliquant les coups de feu et ceux qui en étaient à l’origine.