Yvon Gaudet fait actuellement l’objet d’une enquête par la police de la République dominicaine à la suite d’un signalement relié à de présumés gestes à caractère sexuel sur une fillette de 7 ans.

Un ex-journaliste de Matane arrêté dans les Caraïbes pour de présumés gestes de pédophilie

MATANE — Un journaliste à la retraite, qui a été à l’emploi de la station de Radio-Canada Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine à Matane, a été arrêté et détenu pendant trois jours en République dominicaine. Selon la police locale, Yvon Gaudet, 69 ans, aurait tenté d’avoir des relations sexuelles avec une fillette de 7 ans.

Aucune accusation n’a été portée contre le Québécois qui, depuis quelques années, réside plusieurs mois par année en République dominicaine. Même s’il a été libéré, il lui est interdit de quitter le pays tant et aussi longtemps que l’enquête ne sera pas terminée.

La police nationale de la République dominicaine confirme que des agents qui étaient en service dans la station balnéaire de Sosua, dans la province de Puerto Plata, ont arrêté un ressortissant canadien répondant au nom d’Yvon Joseph Ghislain Gaudet, après qu’il aurait tenté d’avoir des relations sexuelles avec une fille de 7 ans. Le père de l’enfant, qui aurait accordé son consentement, a également été arrêté environ une heure après, pour être lui aussi détenu. «L’arrestation de l’étranger a eu lieu dans un hôtel […] de Sosua, où il a tenté de commettre le crime sexuel, tandis que le père de la fillette a été arrêté dans un autre hôtel du même lieu, peut-on lire dans un communiqué émis par la direction des communications stratégiques de la police. Le rapport préliminaire des faits indique que le père de la mineure l’avait emmenée dans la chambre du Canadien afin qu’il entretienne des relations intimes avec sa fille.» Selon certains médias locaux, le père aurait accepté de livrer sa fille en échange d’un montant indéterminé.

Les deux hommes ont été libérés le 1er janvier, après trois jours de détention. Aucune accusation n’a été portée contre Gaudet ni contre le père de la fillette puisque, selon les autorités, la famille a refusé de porter plainte. La police a saisi le passeport, le permis de conduire, le téléphone portable et l’ordinateur du Québécois. Quant à la présumée victime, elle aurait été emmenée dans un endroit sécuritaire. 

Dans un communiqué, Affaires mondiales Canada a déclaré être «au courant d’un citoyen canadien sous enquête en République dominicaine». «En raison des dispositions de la loi sur la protection des renseignements personnels, aucune autre information ne peut être divulguée.»

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LA VERSION D'UN TÉMOIN

Joint par messagerie électronique, Yvon Gaudet a refusé de commenter la situation sur interdiction formelle de son avocat. En revanche, une source qui tient à préserver son anonymat a raconté au Soleil que Gaudet s’était lié d’amitié avec un homme dont la femme avait été assassinée. Il aurait éprouvé de la pitié pour l’homme et sa fille, qui vivraient dans une grande pauvreté. 

«En plus de les inviter à souper une fois de temps en temps, il les aidait financièrement, relate le témoin. Il a payé une facture d’électricité, a payé la réparation de sa moto, a acheté des souliers à la petite. Il faisait de son mieux pour les aider. Il a aussi acheté des crayons et des cahiers à colorier à la petite. Lors de son départ de la République, l’an dernier, il leur a donné tout ce qu’il lui restait de nourriture, soit quatre gros sacs, ainsi que son téléphone cellulaire dominicain, dont il n’avait plus besoin. Il a agi de la même façon avec deux copines qu’il connaît depuis trois ou quatre ans. Il leur a donné des sous pour payer des médicaments, leur loyer et toutes sortes d’autres choses.» Les deux femmes ont de jeunes enfants. L’une d’elles aurait même, à de rares occasions, confié la garde de ses trois enfants à Yvon Gaudet.

Le jour de l’arrestation, notre source raconte que comme il y avait une piscine dans l’immeuble où vit Gaudet, l’enfant est revenue seule pour se baigner et est montée dans la chambre de l’homme parce qu’elle avait froid. Elle se serait installée à plat ventre sur son lit afin de jouer avec son téléphone. Croyant qu’il s’agissait d’une agression, un voisin a alors appelé la police. Le suspect n’aurait pas été menotté par les agents et aurait accepté de les suivre au poste de police. Il a ensuite été incarcéré à la prison de Sosua, puis à celle de Puerto Plata, d’où il a été relâché trois jours plus tard.

Sur les médias sociaux, Yvon Gaudet est la cible d’insultes et de propos haineux. Il aurait aussi reçu des menaces de violence physique et même de mort.  

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QUI EST YVON GAUDET?

Yvon Gaudet est originaire de Drummondville. Il a travaillé pour Radio-Canada pendant une trentaine d’années, dont à Windsor, à Toronto et à Montréal. Il a terminé sa carrière journalistique à Matane, où il a été chef de pupitre et affectateur. Il a ensuite été directeur de la Chambre de commerce de la région de Matane pendant quatre ans. Avec son frère, il s’était ensuite porté acquéreur d’un restaurant italien à Matane. Selon nos sources, l’établissement aurait été repris par le créancier pour faute de paiement. Sur LinkedIn, il se présente comme organisateur du Festival d’Alicante, en Espagne.

Yvon Gaudet s’adonne maintenant à l’écriture. En 2016, il a publié un roman intitulé Miroirs — la malédiction. Il prépare un prochain roman qui s’intitulera Mélissa qui, selon la page Facebook de l’auteur, portera sur une histoire d’amour entre une jeune femme et un homme plus âgé, tout en dressant un portrait de la prostitution à Sosua, en République dominicaine.

Sosua est située sur la côte nord de la République dominicaine. La destination est réputée auprès des touristes à la recherche de relations sexuelles impliquant des enfants. Le pays a d’ailleurs fait l’objet, par le passé, d’une surveillance internationale en lien avec le trafic sexuel infantile.