Les agents Camelie Boisvenue et Nicolas Paradis, de la Police de Gatineau.
Les agents Camelie Boisvenue et Nicolas Paradis, de la Police de Gatineau.

Un enfant sauvé in extremis de la noyade

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
On aurait déploré une 64e noyade au Québec si ce n’était de l’intervention efficace d’un citoyen et de deux policiers de Gatineau, cette fin de semaine. La petite victime aurait été un enfant de cinq ans, et toute une famille aurait pleuré le drame. Mais ce petit baigneur sauvé in extremis est aujourd’hui bien vivant, et reprend des forces à l’Hôpital pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO).

L’agente du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) Camélie Boisvenue répondait à une demande d’intervention dans le secteur Le Baron, samedi après-midi, lorsqu’une autre alerte - vitale - a été donnée sur les ondes. Un garçon de cinq ans, inconscient, venait d’être repêché d’une piscine creusée d’une résidence de la rue de Dubuisson.

«C’était tout près du lieu où je devais faire la première intervention, a dit l’agente Boisvenue, lundi. Cela m’a pris moins de deux minutes pour arriver sur les lieux.»

Devant la résidence, un homme agitait les bras. L’agente Boisvenue s’est dirigée dans la cour arrière, où un groupe entourait l’enfant et un adulte qui effectuait des manoeuvres de réanimation. «J’ai demandé aux gens de me laisser un peu d’espace et j’ai entamé les manoeuvres à mon tour.»

La situation était critique, témoigne la policière. La peau de l’enfant était bleuâtre.

Son collègue, l’agent Nicolas Paradis, est arrivé en renfort. «Les gens étaient en panique. Je suis allé à la tête de l’enfant pour m’assurer que l’air passe, mais ça ne fonctionnait pas. L’enfant vomissait beaucoup et il n’y avait pas de signes vitaux. Nous avons continué les compressions et les manoeuvres de réanimation. On a tourné sa tête vers la droite, puis on a pu sentir un pouls rapide. Son teint s’est amélioré et on voyait dans ses yeux qu’il revenait à nous», se réjouit l’agent Paradis.

Les deux agents ont dû se concentrer sur le sauvetage, la gestion de leur stress, mais aussi le sentiment de panique qui régnait dans le groupe de citoyens.

Selon la porte-parole du SPVG, l’agente Renée-Anne St-Amant, la première intervention du citoyen et l’arrivée rapide des deux policiers ont grandement amélioré les chances de survie du petit nageur. «C’est un accident, dit l’agente St-Amant. Une personne surveillait les baigneurs, mais une noyade arrive toujours très vite.»

Le SPVG a organisé une mêlée de presse afin de présenter les deux agents, lundi.

La porte-parole a profité de l’occasion pour rappeler aux propriétaires de piscine de toujours surveiller les lieux et d’être particulièrement attentifs aux objets flottants qui peuvent obstruer la vue, et empêcher de voir une personne au fond.

Vendredi, la Société de sauvetage avait recensé 63 noyades au Québec en 2020, ce qui surpasse déjà le bilan total pour toute l’année 2019, qui était de 58.

L’enfant reposait toujours au CHEO, lundi. Son état était stable. Il devrait recevoir son congé sous peu.