Heureusement, l’enfant de quatre ans s’en est sorti sans séquelles permanentes.

Un enfant avale une pilule de speed de «pépère»

Un « pépère » de Gatineau a été reconnu coupable d’avoir mis en danger la vie de son petit-fils de quatre ans, qui a ingurgité un comprimé de ‘speed’ chez lui, en 2016.

L’accusé, dont on taira le nom afin de protéger l’identité du bambin, recevra sa sentence plus tard, cette année.

Le juge Mark Philippe, de la Cour du Québec, a rendu son verdict de culpabilité sur le chef d’abandon d’enfant, jeudi.

Le grand-père risque une peine maximale de cinq ans de prison. L’avocate de la défense, Me Mélina Cham, a demandé la rédaction d’un rapport présentenciel.

« Les pilules à pépère »

En septembre 2016, la mère du garçon a conduit l’enfant chez son père, soit le grand-père de l’enfant. Elle avait l’habitude d’y laisser son fils de 4 ans, et sa fille de 6 ans.

Selon le résumé des témoignages, rédigé par le magistrat, la mère ne savait pas que son propre père faisait le trafic de méthamphétamine, chez lui. Sa résidence, semble-t-il, était propre, et l’accusé avait l’habitude de passer le balai et de faire sa vaisselle tous les jours.

Vers 18 h, l’ami de la mère est allé chercher les enfants chez le grand-papa.

« L’enfant devient agité, parle beaucoup, tient des propos incohérents, et affirme (à l’ami) qu’il a ‘pris les pilules à pépère’ », rappelle le juge Philippe.

Pour la Couronne, il est évident que le grand-père devait savoir qu’il avait chez lui de tels produits dangereux pour la santé, et que des enfants pouvaient y mettre la main à tout moment.

L’accusé aurait d’abord affirmé que son pot de ‘speeds’ se trouvait dans une armoire de cuisine, assez haute pour que personne ne puisse l’atteindre facilement.

Il a ajouté aux autorités qu’il pouvait être possible que les comprimés aient été amassés par l’enfant, dehors, puisqu’un voisin aurait pu en échapper en déménageant, la veille.

Le propriétaire de l’immeuble a dit au tribunal que personne n’avait récemment déménagé de cet endroit.

Le tribunal a entendu la mère, selon qui l’enfant aurait dit avoir « mangé un bonbon rouge et un bonbon blanc... un bonbon sale au sol ».

Finalement, la dernière théorie avancée par le grand-père est que des comprimés auraient pu s’échapper des vêtements de son ancienne colocataire. Ces vêtements, amassés dans des sacs, dans le salon, avaient été jetés au sol par les enfants qui s’amusaient.

Le juge n’a rien cru de la version de l’accusé.

Lorsqu’il a été interrogé par la police, le suspect avait dit regretter les événements. « Il n’en rentrera pas d’autres (pilules) ici », aurait-il lancé.

Ses regrets n’ont pas impressionné le juge, qui a rappelé que le même individu a été arrêté par la police, à peine un moins plus tard... en possession de 57 comprimés.

Les résultats médicaux ont confirmé que la substance présente dans l’organisme du petit était reliée à celle qu’on retrouve dans ce type de drogue de synthèse, qui peut faire bien assez de dommages chez un adulte.

L’enfant s’en est sorti, fort heureusement, sans séquelles permanentes.