Un tribunal de l’Outaouais interpelle les autorités mexicaines dans une affaire d’enlèvement d’enfant.
Un tribunal de l’Outaouais interpelle les autorités mexicaines dans une affaire d’enlèvement d’enfant.

Un divorce et un enlèvement à l’échelle internationale

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Un tribunal de l’Outaouais interpelle les autorités mexicaines dans une affaire d’enlèvement d’enfant. Une affaire de garde d’enfant est au cœur d’un conflit parental ayant des ramifications au Mexique, au Canada, et aux États-Unis.

La juge Suzanne Tessier, de la Cour supérieure du Québec en Outaouais, a récemment rendu une décision exigeant le retour d’une fillette de trois ans au Canada.

Cette dernière, selon le jugement écrit le 27 juillet dernier, se trouve au Mexique avec son père, originaire de ce pays.

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Quand le tribunal est exaspéré

La mère, une Canadienne résidant en Outaouais, semble incapable de retrouver sa fille et de la ramener leur pays.

Les parents en instance de divorce ne vivent plus ensemble. Monsieur est retourné au Mexique, alors que la mère, qui avait la garde de leur fille, vit en Outaouais.

L’ex-conjoint demandait cependant la pleine garde de l’enfant, ce que lui refusait le tribunal.

De retour au Mexique, le père a dit à son ex, cet hiver qu’il s’ennuyait de son enfant, et qu’il lui était impossible de voyager au Canada en raison de la pandémie.

Le père, sa fille et la mère se parlaient par messagerie vidéo pendant cette période.

Les mois ont passé. En juillet, la mère a accepté de le visiter avec l’enfant, et s’est envolée vers le sud. Le père promettait de rembourser les frais de voyage.

Sur les lieux, le père a organisé des rencontres, puis a demandé à être seul avec sa fille, question de passer de bons moments.

Or, le père n’a jamais ramené l’enfant à l’heure convenue. La mère a plutôt appris qu’elle faisait elle-même l’objet d’une alerte Amber parce qu’elle avait quitté le Mexique avec son enfant lors d’un voyage précédent, en février.

Le père a même déposé une plainte au criminel auprès des autorités mexicaines.

La femme a contacté Affaires mondiales Canada pour trouver de l’aide.


« (Le père) et les autorités policières refusent de collaborer (et permettre) que l’enfant rejoigne sa mère, pour qu’ils retournent au Canada.  »
La juge Suzanne Tessier

Pendant ce temps, le père a aussi contacté les autorités américaines afin de procurer à sa fille un passeport des États-Unis, le pays où se trouve son entreprise.

Dans sa décision, la juge Suzanne Tessier qualifie elle-même cette affaire comme étant un enlèvement.

Selon la mère, toujours au Mexique, les policiers locaux refusent de l’aider.

La juge Tessier demande au Mexique, dans cette même décision, de respecter les Lois sur les aspects civils de l’enlèvement international et interprovincial d’enfants, ainsi que tous les traités internationaux, et de respecter la décision prise par le tribunal canadien.

« (Le père) et les autorités policières refusent de collaborer (et permettre) que l’enfant rejoigne sa mère, pour qu’ils retournent au Canada. »

L’avocate de la mère n’a pas rendu notre appel. La famille de la femme, qu’on ne peut nommer en raison d’une ordonnance de non-publication, a refusé de commenter, plus tôt au mois de juillet.

Aux dernières nouvelles, la mère était toujours au Mexique, refusant de quitter le pays sans son enfant.