n conseiller municipal d’expérience appelle de nouveau le SPVM à autoriser le port du turban et du hijab par ses agents de confession sikhe ou musulmane.

Un conseiller appelle à autoriser le turban et le hijab à la police de Montréal

MONTRÉAL - Un conseiller municipal d’expérience appelle de nouveau le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) à autoriser le port du turban et du hijab par ses agents de confession sikhe ou musulmane.

Marvin Rotrand avait tenté en 2016 de faire accepter par le corps de police le port de symboles religieux, mais a indiqué que la réponse à ce moment avait été qu’il n’y avait pas de politique sur cette question.

Le conseiller a fait valoir que tout candidat ayant les compétences nécessaires pour devenir policier devrait avoir la possibilité d’être embauché. M. Rotrand a souligné que le ministre fédéral de la Défense, Harjit Sajjan, avait agi comme policier à Vancouver en portant le turban, soutenant que son dossier n’aurait tout simplement pas été examiné à Montréal.

Le conseiller a envoyé récemment une lettre à Nathalie Goulet, qui est responsable de la sécurité publique à Montréal, pour demander à ce que le turban et le hijab fassent partie du code vestimentaire de la police. Dans sa lettre du 30 janvier 2018, M. Rotrand souligne que contrairement à plusieurs villes comme Toronto, Edmonton et Calgary, et à la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Montréal n’a pas de procédure en place qui permettrait aux candidates portant le hijab et qui ont toutes les compétences requises d’être embauchées par le corps de police.

En mêlée de presse, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, s’est dite «très, très ouverte» à la proposition, disant que la «réflexion se pose», ajoutant soutenir la «pleine participation de tous les Montréalais et les Montréalaises».

L’inspecteur du SPVM Ian Lafrenière a fait valoir que la question du port du hijab n’avait jamais été soulevée lors des campagnes de recrutement dans diverses communautés culturelles.

«C’est hypothétique, car nous n’avons eu aucune requête d’un futur membre du corps policier ou d’un policier en exercice», a dit M. Lafrenière, mardi, en entrevue.

L’inspecteur a ajouté qu’il s’agissait aussi d’une question de sécurité.

«Si nous étions appelés à prendre une décision là-dessus, la sécurité du policier serait prioritaire - c’est la principale préoccupation que nous avons», a affirmé M. Lafrenière.

M. Rotrand a dit croire pour sa part qu’il n’y avait pas eu de problème de sécurité dans les villes ayant modifié leur code vestimentaire.

«Est-ce que cela met le policier en danger? L’expérience ailleurs laisse croire que ce n’est pas du tout le cas», a affirmé le conseiller.

Dans un courriel à La Presse canadienne, la GRC a indiqué que des policiers sikhs pouvaient porter le turban avec leur uniforme depuis novembre 1990.

Des femmes musulmanes au sein de la GRC ont été autorisées à porter le hijab avec leur uniforme depuis janvier 2016.