Une juge de la Cour du Québec a livré sa réflexion, jeudi, dans une affaire de chicane de voisins

Un chien qui jappe, un poing qui traverse la porte

Il suffit que le coup de poing traverse le cadre de la porte - même si le reste du corps de l’agresseur est à l’extérieur - pour que cela soit considéré comme une introduction par effraction.

Une juge de la Cour du Québec a livré sa réflexion, jeudi, dans une affaire de chicane de voisins ayant éclaté sur le chemin de la Savane, à Gatineau, en 2017.

Au banc des accusés, Andrew Bettencourt a été reconnu coupable de méfait, de voie de fait, et d’introduction par effraction.

Irrité par les jappements incessants du chien de son voisin, M. Bettencourt s’est rendu chez ce dernier pour lui demander de faire cesser le bruit indésirable.

M. Bettencourt, d’abord accueilli chez ses voisins sans problème, est demeuré dans la résidence pendant quelques secondes, dans un calme relatif.

C’est lorsqu’il a sorti son téléphone cellulaire pour filmer le résident qui fumait, malgré l’interdiction dans l’édifice, que les choses se sont corsées.

Le ton a monté, et le résident a poussé M. Bettencourt vers la sortie. Ce dernier a résisté et poussé dans la porte de l’appartement.

« L’accusé frappe (la victime) au visage, dans le cadre de porte », a résumé la juge Anouk Desaulniers. Même si l’accusé était alors à l’extérieur de l’appartement, son poing a franchi le seuil de la porte, et a atteint la victime au visage.

« Cela constitue une introduction par effraction », a mentionné la juge, après avoir pris en considération l’ensemble des événements.

La magistrate n’a pas cru l’accusé, qui, lors de son témoignage, a dit qu’il ne voulait que discuter pacifiquement avec le propriétaire de l’animal bruyant.

Le tribunal a plutôt retenu la version dans laquelle M. Bettencourt a utilisé un ton agressif envers son voisin. Ce dernier a tenté de décrire son coup de poing comme un « simple réflexe ».

Ce « réflexe » a coûté à la victime un œil au beurre noir et une nouvelle paire de lunettes.

M. Bettencourt purge actuellement une peine de prison dans d’autres dossiers. Sa sentence dans l’affaire de voisinage sera rendue à une date ultérieure.