Trois policiers de Gatineau répondent de leurs gestes, cette semaine, devant le Comité de déontologie policière.

Trois policiers devant le Comité de déontologie

Il était trop tard quand des policiers de Gatineau ont pointé leurs armes sur un couple sans histoire, à bord d’une voiture faussement rapportée volée, en juillet 2013. Une erreur sur la plaque d’immatriculation, répétée par le centre de répartition, a provoqué l’arrestation manu militari de deux Gatinois, qui n’avaient pourtant commis aucun délit. Le couple a gagné à la loterie de la malchance. Les Gatinois possédaient une voiture immatriculée au Québec, dont le numéro de plaque était le même qu’une voiture rapportée volée, mais immatriculée... en Colombie-Britannique.

Les agents Jean-Philip Daigle et Gabriel Gagné, ainsi que le sergent François Metlej, répondent de leurs gestes, cette semaine, devant le Comité de déontologie policière.

Il n’a fallu que quelques secondes de confusion entre une répartitrice et l’équipe de policiers sur le terrain pour provoquer ce branle-bas, le 2 juillet 2013.

Ce jour d’été, Donald Langlois et sa conjointe Valérie Allaire revenaient à la maison à bord de leur Chrysler 300. La voiture a croisé une autopatrouille équipée d’un système de reconnaissance des plaques d’immatriculation (SRPI), à l’intersection du boulevard Gréber et de la rue Du Barry.

L’alarme du SRPI s’est activée, chose normale lorsque le système décèle un numéro de plaque d’immatriculation reliée à une voiture rapportée volée.

Dès lors, les policiers se sont mis sur un pied d’alerte, car une voiture volée peut transporter des personnes dangereuses et imprévisibles.

Témoignant jeudi devant le Comité, le sergent Metlej a raconté avoir eu « à deux reprises » la confirmation du centre de répartition que la voiture avait bien été rapportée volée.

Risque et excuses
La voiture s’est immobilisée dans un quartier résidentiel, qui était, finalement, celui du couple.

« Lorsque c’est rapporté volé, explique le sergent, le risque est élevé pour la population et la police. On est en mode ‘intervention à haut risque’. »

Deux policiers, arme en main, sont déjà sur le qui-vive et ordonnent aux passagers de mettre les mains en l’air, et de sortir de leur voiture.

« C’est alors qu’on m’informe (au centre de répartition) que le véhicule n’est finalement pas volé », explique le sergent Metlej.

Les événements se bousculent pour le sergent, qui coordonne l’intervention.

« Je ne cacherai pas que j’ai été confus, a ajouté le sergent, jeudi. Je recevais plusieurs informations différentes. La répartitrice m’avait d’abord confirmé à deux reprises que la voiture avait été volée à Vancouver. J’ai eu une perte de confiance dans les informations que je recevais, à ce moment. J’ai décidé d’aller jusqu’au bout, mais de baisser en intensité. »

Ne prenant aucun risque, les policiers ont menotté le couple à l’extérieur.

Un calme relatif s’est installé, le sergent a reconfirmé les informations avec la répartitrice, et ordonné que le couple soit libéré sur-le-champ.

Le couple était évidemment en colère.

« J’ai présenté nos excuses, a dit le sergent. J’ai tenté d’expliquer notre histoire, mais M. Langlois, je le comprends, était fâché. J’ai essayé d’expliquer notre rôle, et qu’on ne pouvait pas se permettre de libérer un criminel. »

Il semble que le couple avait déjà été intercepté pour la même raison, sans avoir été arrêté de la sorte.

En janvier 2016, TC Médias rapportait que le couple avait intenté une poursuite civile contre le Service de police de la Ville de Gatineau. Une entente hors cour est intervenue.

« J’avais déjà été arrêté par le passé, mais là, pour la première fois, j’ai eu peur de mourir. Craindre un policier parce qu’il peut te tuer, c’est anormal. Ils sont censés être là pour nous protéger », avait alors confié M. Langlois, en entrevue avec TC Médias.

Le couple dit avoir été nargué par des voisins à la suite de leur mésaventure.