Le procès à la suite de l’accident qui a causé la mort de Amina-Sara Belahbib, en 2016, sur l’autoroute 50 a connu son dénouement au palais de justice de Gatineau, mercredi.

Trois ans de prison pour conduite avec les capacités affaiblies causant la mort sur la 50

Un résident de Blainville a reçu une sentence de trois ans de pénitencier pour avoir provoqué la mort d’une automobiliste, alors qu’il conduisait avec les capacités affaiblies, sur l’autoroute 50, en 2016, à L’Ange-Gardien.

François Castonguay Danis, 27 ans, a plaidé coupable à cette infraction criminelle, mercredi.

Le juge Mark Philippe, de la Cour du Québec, a entériné la proposition commune du procureur de la Couronne, Me François Santerre, et de l’avocate de la défense, Me Marie-Pier Abel.

Selon la preuve du ministère public, M. Castonguay s’est endormi au volant, dans la nuit du 12 au 13 novembre 2016, près du chemin Doherty.

Pour sa part, l’accusé a dit mercredi qu’il « cognait des clous » et qu’il « somnolait » au volant en se rendant vers Montréal.

Son véhicule a traversé la ligne médiane, où l’autoroute n’est qu’à deux voies, et a percuté de face la victime, Amina-Sara Belahbib, qui circulait dans l’autre direction.

La victime de Gatineau revenait de Montréal, où elle et sa famille avaient assisté à un mariage.

La jeune femme a été éjectée de son véhicule, sous les yeux horrifiés d’autres membres de sa famille, qui la suivait dans un deuxième véhicule.

Selon la Sûreté du Québec, la consommation d’alcool du conducteur est la cause de l’embardée qui a emporté la jeune victime de 24 ans.

Il a fallu attendre presque sept mois avant que la SQ complète son enquête, et reçoive les résultats des analyses des échantillons de sang prélevés sur le conducteur et de l’inspection mécanique sur sa voiture.

« Pas une autoroute »

Le père de la victime, Mourad Belhabib, s’est adressé à l’accusé, devant le tribunal. Il a affirmé que sa faute était « partagée » avec la configuration de l’autoroute 50, qui ne compte qu’une seule voie par direction, sur ce tronçon.

« Dans tout cela, dit-il, la faute est partagée avec les décideurs. L’autoroute 50, l’autoroute de la mort, devrais-je dire. On entend les politiques qui se cachent derrière les chauffards de la route pour expliquer les drames qui s’y produisent. »

Le père a pris la parole en public depuis deux ans pour dénoncer la configuration dangereuse de cette autoroute. 

« On devrait plutôt parler de chemin 50. Cela n’a rien d’une autoroute. »

En plus du chef de conduite avec les capacités affaiblies causant la mort, François Castonguay Danis a plaidé coupable à un autre chef de conduite avec les capacités affaiblies causant des lésions à la mère de la victime, assise dans la même voiture. La femme a livré un poème émouvant au tribunal, expliquait comment la perte de sa fille avait chamboulé sa vie et celle de se famille. La mère éprouve toujours d’intenses douleurs au dos, et se dit toujours limitée physiquement à cause de la conduite mortelle de l’accusé.

Par ailleurs, le père a dénoncé le manque de soutien dans les années suivant l’accident. « On n’a pas eu de soutien. On ne savait pas qu’il existait des organismes pour nous aider, a-t-il dénoncé. Et puis, j’aurais au moins aimé qu’il demande pardon, qu’il démontre au moins un peu de considération, comme nous, nous lui en avons montré (en évoquant la configuration décriée de la 50). »